Hallucinations Collectives

Cinéma, Festivals

   Publié par Alban Liebl le 11 avril 2017
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L’EVENEMENT DU MOIS

Les hallucinations collectives ont 10 ans !

 

Le plus barré des festivals de cinéma de la région lyonnaise, célèbre ce mois-ci 10 ans de passion et de curiosité. Entretien avec Cyril Despontin qui depuis Paris, où il dirige le Festival du film fantastique, continue de chouchouter « les Hallus » avec l’équipe de l’association ZoneBis. Une édition anniversaire en forme de bilan festif ! Entretien long drink.

 

Les Hallucinations collectives sont un festival à la programmation inclassable. Comment le définiriez-vous pour quelqu’un qui n’y a jamais mis les pieds?

Cyril Despontin : « Avec l’équipe on a pris l’habitude de le décrire comme le festival de « l’autre cinéma ». On met en avant des films qui prennent des chemins de traverse, singuliers, parfois radicaux dans le propos, mais pas forcément dans la forme. Ce ne sont pas tous des films trash ! Cette année est idéale pour le découvrir, avec «La chambre des merveilles», une rétrospective de 10 films qui résument l’esprit du festival.

 

On a tendance à le réduire au seul cinéma fantastique…

Oui, alors que l’on passe aussi des westerns (cette année Le Grand silence de Sergio Corbucci), des polars, des documentaires, du cinéma d’auteur très pointu. Des films de tous les horizons et de tous les pays. La diversité est essentielle, même au sein de l’équipe, qui programme collectivement. Par exemple cette année on passe un Robbe-Grillet que personnellement je déteste, mais que d’autres adorent !

 

Les spectateurs sont venus de plus en plus nombreux au fil des années. Comment s’impose un tel festival dans une ville comme Lyon, et parmi les autres manifestations de cinéma ?

Finalement en ne cherchant pas à plaire. On n’a jamais été tenté de faire plus simple, d’aller vers la facilité. On a toujours programmé librement, en comptant sur l’expérience collective de vivre un film ensemble. D’où le nom du festival. L’essentiel est d’éveiller la curiosité des spectateurs. Ils ne sont pas obligés d’aimer, mais s’ils sortent en se disant qu’ils n’ont jamais vu un film comme ça, et qu’ils n’auraient pas pu le voir ailleurs, alors on se dit que la programmation est bonne.

 

Vos temps forts personnels pour cette édition anniversaire ?

On va proposer des films très rares, ou pas vu depuis longtemps, comme la copie restaurée d’Opera de Dario Argento ou La Longue nuit de l’Exorcisme de Lucio Fulci. Également un film tchèque étonnant de 1969 : Le Marteau des sorcières. Mais aussi Epidemic, l’un des tous premiers Lars von Trier, ou Hitcher, thriller génial des années 80, avec un Rutger Hauer incroyable. Mais le grand moment de cette édition sera la Soirée des 10 ans, sorte de zapping géant avec des clips, des courts-métrages, des extraits de films, et qui s’achèvera par un gros film en première mondiale… mais c’est une surprise !

Et il y aura bien sûr de nombreuses avant-premières, comme le film d’ouverture, Get Out, petite production indé américaine qui a tout explosé et que personne n’avait vu venir.

 

EXIT fête son cinquantième numéro. Quel regard portez vous sur la vie culturelle lyonnaise de ces dernières années ?

Côté politique, je regrette que la ville se concentre surtout sur quelques gros événements annuels. Pour ce qui est du public, c’est vrai que les Lyonnais sont un peu casaniers. Je le sais car j’y ai habité pendant trente ans, et j’étais pareil ! À Paris le problème c’est plutôt la surabondance de choix… Par contre les Lyonnais sont plus authentiques, on est moins dans la gaudriole. Quand ils se bougent pour aller dans un festival, c’est vraiment que ça les intéresse, et pour voir les films. Pas parce que ce serait «the place to be ». C’est leur côté sérieux ! »

 

Propos recueillis par Alban Liebl

 

 

Les Hallucinations collectives

Du mercredi 11 au mardi 17 avril au Comoedia

www.hallucinations-collectives.com

 

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