<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Exit, les sorties cultes et cultures à Lyon</title>
	<atom:link href="http://www.exitmag.fr/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.exitmag.fr</link>
	<description>Un site utilisant WordPress</description>
	<lastBuildDate>Tue, 07 May 2013 22:38:18 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.1.4</generator>
		<item>
		<title>Spielberg a encore les crocs</title>
		<link>http://www.exitmag.fr/cinema/spielberg-a-encore-les-crocs/</link>
		<comments>http://www.exitmag.fr/cinema/spielberg-a-encore-les-crocs/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 07 May 2013 22:38:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Luc Hernandez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.exitmag.fr/?p=1976</guid>
		<description><![CDATA[Hurlements de peur et de plaisir dans la jungle des salles obscures ! Un an après Titanic, un autre classique des années 90 fait sont retour au cinéma, armé de la désormais « indispensable » 3D. Si elle reste un prétexte marketing, avouons que l’on attend avec une impatience enfantine de voir surgir de l’écran les tyrannosaures affamés [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;">Hurlements de peur et de plaisir dans la jungle des salles obscures ! Un an après Titanic, un autre classique des années 90 fait sont retour au cinéma, armé de la désormais « indispensable » 3D. Si elle reste un prétexte marketing, avouons que l’on attend avec une impatience enfantine de voir surgir de l’écran les tyrannosaures affamés et les raptors vicieux, tous prêts à nous dévorer !</span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;">Un peu mésestimé dans l’œuvre de Spielberg, </span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><em><strong>Jurassic Park</strong></em></span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"> est un objet étrange, difficilement classable, qui fait le grand écart entre grand spectacle familial et film d’horreur, là où </span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><em><strong>Les Dents de la mer</strong></em></span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;">, chef-d’œuvre incontesté, s’affichait clairement comme un thriller. La réputation du film a également pâti du climat particulier de sa sortie, en pleines négociations internationales sur le libre-échange alors que la France défendait sa conception de l’exception culturelle. Le combat était noble, mais appuyé sur un discours nationaliste assez nauséeux. Voilà les pauvres dinosaures de Spielberg enrôlés par la presse comme agents de l’Impérialisme culturel américain, écrasants tout sur leur passage (et opposés à l’épouvantable </span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><em><strong>Germinal</strong></em></span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"> de Claude Berri, sorti au même moment et promu symbole de résistance de la grande culture française…)  Dans ce contexte délirant, plus  question de vanter les qualités propres du film, qui engrangea tranquillement ses millions d’entrées dans l’indifférence générale de la critique.</span></p>
<p><a name="_GoBack"></a></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><strong>Grosse bébète pour grands enfants</strong></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><em><strong>Jurassic Park</strong></em></span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"> s’inscrit pourtant pleinement dans les thématiques régulièrement explorées par Spielberg, ici son rapport très particulier au monde de l’enfance. Contrairement aux clichés qui persistent sur ses films, il est bien loin d’en avoir une vision sucrée et rassurante, mais au contraire puise dans la tradition américaine d’un Mark Twain. Les enfants chez Spielberg suivent un parcours initiatique et éprouvent le danger physique, le deuil, l’abandon, que ce soit à travers des récits historiques (</span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><em>Empire du soleil, Cheval de guerre</em></span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;">), ou des contes fantastiques (</span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><em>Intelligence Artificielle, E. T</em></span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;">.). Sur un mode plutôt ludique, les jeunes héros de </span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><em><strong>Jurassic Park</strong></em></span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;">, assez têtes à claques, collectionnent les pires embûches pour finir piégés comme des rats de laboratoire dans la fameuse scène de la cuisine, huis clos terrorisant et sommet de mise en scène. Un peu sadique sur ce coup le père Spielberg ! Revoir </span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><em>Jurassic Park</em></span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"> au cinéma, c’est surtout avoir le bonheur de se replonger dans son bestiaire fabuleux, son imagerie exotique et de goûter le plaisir rare dans le pays de l’exception culturelle d’un divertissement intelligent, conte moral aux incessants rebondissements, parfaitement orchestrés par celui qui reste le plus grand raconteur d’histoires du cinéma contemporain.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;">Alban Liebl</span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><strong>Ressortie le 1</strong></span><sup><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><strong>er</strong></span></sup><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><strong> mai, en 3D. </strong></span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><em><strong>Jurassic Park</strong></em></span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"> de Steven Spielberg (Etats-Unis, 2h) avec Sam Neill, Jeff Goldblum, Laura Dern…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.exitmag.fr/cinema/spielberg-a-encore-les-crocs/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Jamais sans mon Jules</title>
		<link>http://www.exitmag.fr/classique/jamais-sans-mon-jules/</link>
		<comments>http://www.exitmag.fr/classique/jamais-sans-mon-jules/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 21 Apr 2013 14:37:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Luc Hernandez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Classique]]></category>
		<category><![CDATA[David Daniels]]></category>
		<category><![CDATA[Haendel]]></category>
		<category><![CDATA[Jules César]]></category>
		<category><![CDATA[Natalie Dessay]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.exitmag.fr/?p=1969</guid>
		<description><![CDATA[Giulio Cesare, c’est l’opéra en Technicolor, un méli-mélo d’action, de drame et d’humour bouffe qui constitue un sommet dans la longue liste des opéras de Haendel (plus de 42 !). Dans cette superbe production, David Mcvicar, l’un des meilleurs metteurs en scène d’opéra aujourd’hui, a joué à fond la carte du divertissement populaire et du grand [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/04/20130404_giuliocesare-11.jpeg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1971" title="20130404_giuliocesare-1" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/04/20130404_giuliocesare-11-300x178.jpg" alt="" width="300" height="178" /></a>Giulio Cesare, c’est l’opéra en Technicolor, un méli-mélo d’action, de drame et d’humour bouffe qui constitue un sommet dans la longue liste des opéras de Haendel (plus de 42 !). Dans cette superbe production, David Mcvicar, l’un des meilleurs metteurs en scène d’opéra aujourd’hui, a joué à fond la carte du divertissement populaire et du grand spectacle. Avec intelligence et humour, il transpose les amours tumultueuses de César et Cléopâtre dans l’Empire colonial britannique, confronté à un monde égyptien coloré et dansant, façon Bollywood ! McVicar est passé maître dans ce télescopage d’époques et d’imageries, toujours dans une  parfaite compréhension du livret et de la partition. Avec lui, pas de transposition hasardeuse et pédante dans un asile de fous ou un trois pièces cuisine, nouvel académisme qui plombe tant de productions actuelles. En vrai moderne, il rend lisible au public actuel un art séculaire, sans rien perdre de sa splendeur originelle. Il ressuscite toute la machinerie traditionnelle du théâtre baroque, mais magnifiée par les lumières de la géniale Paule Constable, sa complice habituelle. Maître de son art, il se joue des difficultés et chausse-trappes de cet opéra de plus de quatre heures, en lui imprimant un rythme d’enfer et mettant toujours en scène la musique. En témoigne le « Va tacito e nascoto », air de César sur l’art de la guerre, transformé en un pas de deux comique et décalé avec Ptolémée, métaphore de la comédie du pouvoir.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><strong>La plaisir de chanter</strong></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/04/Giulio-Cesare-Dessay-Daniels.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1972" title="1105JULIUS_3c_5FRI" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/04/Giulio-Cesare-Dessay-Daniels-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a>Ah, les airs haendéliens! Son Jules César, comme La Traviata pour Verdi ou Don Giovanni pour Mozart, est une véritable usine à tubes, de ceux que l’on sifflote irrésistiblement en sortant du théâtre. Il  y a signé parmi ses plus belles plaintes, notamment le bouleversant duo qui clôt le premier acte, « son nata a lagrimar », chant d’adieu de Cornelia à son fils Sesto. Préparez les mouchoirs !</span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;">Comme de tradition au Metropolitan Opera, la distribution s’annonce électrique. On retrouvera notre Nathalie Dessay nationale, qui s’est révélée depuis peu dans ce répertoire, lors de sa prise de rôle de Cléopatre à Paris il y a deux ans. Elle y a excellé, très à l’aise avec l’ornementation du chant baroque, entre grâce mutine et émotion. Elle sera très bien entourée par deux contre–ténors de haute volée: David Daniels en César héroïque, et Christophe Dumaux, qui incarne un Ptolémée délicieusement névrotique.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;">Une soirée placée sous le signe du pur plaisir, et vivement conseillée pour une première découverte de l’opéra baroque, car comme l’affirme David McVicar en profession de foi: « L’entertainment n’est pas un gros mot ! ».</span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;">Alban Liebl</span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><em>Giulio Cesare</em></span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"> de Haendel par David McVicar, en direct de New York. Samedi 27 avril à 18h au Pathé Bellecour et au Pathé Vaise. 29 €. <a href="http://www.cinemasgaumontpathe.com">www.cinemasgaumontpathe.com</a></span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.exitmag.fr/classique/jamais-sans-mon-jules/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Caisse primaire, &#171;&#160;Effets secondaires&#160;&#187;</title>
		<link>http://www.exitmag.fr/cinema/caisse-primaire-effets-secondaires/</link>
		<comments>http://www.exitmag.fr/cinema/caisse-primaire-effets-secondaires/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 14 Apr 2013 21:16:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Luc Hernandez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Catherine Zeta-Jones]]></category>
		<category><![CDATA[Channing Tatum]]></category>
		<category><![CDATA[Jude Law]]></category>
		<category><![CDATA[Rooney Mara]]></category>
		<category><![CDATA[Steven Soderbergh]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.exitmag.fr/?p=1950</guid>
		<description><![CDATA[Quand on sort de prison chez Soderbergh, on est gaulé comme Channing Tatum et on se retrouve à pavaner en smoking dans les cocktails. Trop la classe. Pendant ce temps-là, Rooney Mara fait (très bien) la tête tout le temps, même quand elle fait l’amour à son beau Channing. C’est dire si elle ne va [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/04/Effets-secondaires1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1955" title="Effets secondaires" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/04/Effets-secondaires1-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a>Quand on sort de prison chez Soderbergh, on est gaulé comme Channing Tatum et on se retrouve à pavaner en smoking dans les cocktails. Trop la classe. Pendant ce temps-là, Rooney Mara fait (très bien) la tête tout le temps, même quand elle fait l’amour à son beau Channing. C’est dire si elle ne va pas bien. Comme elle rate tout ce qu’elle fait, elle ratera même son suicide, après quoi elle avale des anti-dépresseurs qui lui donneront un étrange pouvoir : tuer en dormant. Exit Channing. C’est pratique, tuer, quand vous êtes somnambule. Pénalement, vous n’êtes responsable de rien. C’est ce que va comprendre un petit peu trop tard Jude Law, le médecin qui lui a prescrit les anti-dépresseurs. Car c’est lui qui va se retrouver pourchassé pour avoir prescrit des pilules aux effets secondaires dignes des laboratoires Servier. On pourrait penser que tout est de la faute des médicaments. Spontanément, on aurait plutôt tendance à mettre ça sur le compte du scénariste (le même que pour <em>Contagion</em>, dont Effets secondaires semble un fade remake). Intrigue de thriller grossièrement ficelée, musique dévitalisée et switch lesbien totalement improbable, tout le monde finit totalement déprimé, à commencer par Soderbergh, qui a annoncé que ce serait son dernier film au cinéma. Ceci dit, à force de ne filmer lui aussi que les effets secondaires plutôt que l’intrigue principale, il finit par distiller un étrange climat cotonneux et paranoïaque comme si les pilules finissaient par faire effet petit à petit sur le spectateur. Avis aux amateurs de caisse primaire… d’assurance maladie.</p>
<p>L.H.</p>
<p>Sorti depuis le 3 avril. EFFETS SECONDAIRES de Steven Soderbergh (Etats-Unis, 1h46) avec Jude Law, Rooney Mara, Catherine Zeta-Jones, Channing Tatum…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.exitmag.fr/cinema/caisse-primaire-effets-secondaires/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Exquis Escaich</title>
		<link>http://www.exitmag.fr/classique/exquis-escaich/</link>
		<comments>http://www.exitmag.fr/classique/exquis-escaich/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 14 Apr 2013 21:10:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Luc Hernandez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Classique]]></category>
		<category><![CDATA[Olivier Py]]></category>
		<category><![CDATA[Opéra de Lyon]]></category>
		<category><![CDATA[Robert Badinter]]></category>
		<category><![CDATA[Thierry Escaich]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.exitmag.fr/?p=1945</guid>
		<description><![CDATA[Cellules éclairées au néons, grands décors mobiles permettant de passer d’une séquence à l’autre en recomposant sans cesse le plateau jusqu’au tournoiement, Claude reprend l’univers habituel du metteur en scène Olivier Py et de son scénographe attitré, Pierre-André Weitz. Un peu comme si la Carmen colorée de l’an passé à l’Opéra de Lyon (dont cette [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a name="_GoBack"></a><span style="color: #000000;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: small;"><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/04/Claude.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1946" title="Claude" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/04/Claude-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a>Cellules éclairées au néons, grands décors mobiles permettant de passer d’une séquence à l’autre en recomposant sans cesse le plateau jusqu’au tournoiement, </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: small;"><em>Claude</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: small;"> reprend l’univers habituel du metteur en scène Olivier Py et de son scénographe attitré, Pierre-André Weitz. Un peu comme si la <em>Carmen </em>colorée de l’an passé à l’Opéra de Lyon (dont cette nouvelle production reprend la structure métallique de 40 tonnes !) avait viré au noir. Mais surtout Py et Weitz atteignent ici des sommets de réalisme, aussi bien dans la théâtralité (la séquence du viol, la rage qui habite Albin, compagnon de cellule amoureux de Claude, ou les bastons administrées par les gardiens) que dans la reconstitution de l’univers carcéral. On n’a jamais visité la prison de Clairvaux, mais on s’y croirait. Peu d’opéras, et encore moins contemporains, abordent aussi frontalement des sujets aussi forts que l’oppression dont ont été victimes les prisonniers et les homosexuels (en plus d’abolir la peine de mort, Robert Badinter est aussi l’homme qui a dépénalisé l’homosexualité en France en&#8230;1982, c’était hier). Mais </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: small;"><em>Claude</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: small;"> ne se contente pas d’être une charge violente contre la peine de mort. La noire beauté de ce </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: small;"><em>Claude</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: small;">, c’est de parvenir à faire exister le temps d’une musique, et quelle musique, toutes les émotions humaines qui vont être broyées par la machine judiciaire. La vie de la prison, c’est la vie intérieure de ceux qui la peuplent, leurs fantasmes, leurs besoins, leurs pensées, avant qu’ils ne soient anéantis par la déshumanisation des conditions de détention.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: small;"><strong>Violence et compassion</strong></span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: small;"><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/04/Claude-21.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1947" title="Claude 2" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/04/Claude-21-300x190.jpg" alt="" width="300" height="190" /></a>Bataille d’une vie pour Robert Badinter, Thierry Escaich fait de ce combat pour l’humanisation des prisons une musique incroyablement expressionniste, où l’on retrouve un peu du feu de la <em>Lulu</em> d’Alan Berg. Percussions incessantes, vibraphone, harpe, piano, utilisation du choeur repris sur le plateau en fond de scène comme un peuple de compassion, orgue synthétique pour marquer la rupture du drame lorsque Claude se retrouve séparé d’Albin, la musique d’Escaich palpe en permanence les tensions psychologiques et les conflits intérieurs de personnages jusqu’à produire des climax vertigineux. Mais elle a aussi le sens du repos, notamment lors du finale, splendide, où Claude se réfugie dans son imaginaire affamé au moment où la guillotine s’avance sous des flocons irréels. La voix d’une petite fille (la sienne ?) vient alors briser la virilité de l’univers carcéral. Le réalisme n’est plus qu’un lointain souvenir. Totalement habité par son personnage, aussi bon comédien qu’interprète, Jean-Sébastien Bou incarne un Claude bouleversant jusqu’à son dernier sourire, rompant une dernière fois le pain de son ami. Au milieu d’une partition utilisant toutes les tessitures de voix d’homme jusqu’au contreténor d’Albin, c’est le jeune Rémy Mathieu, ténor au timbre charnu, encore élève au CNSMD à Lyon et chanteur au Studio de l’Opéra de Lyon, qui impressionne le plus, aussi à l’aise en gardien à la poigne de fer qu’en narrateur chagriné de l’histoire qu’il vient raconter. Un rôle à double face pour une oeuvre qui aura sur faire la part aussi belle à la violence qu’à la compassion.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: small;">Luc Hernandez</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: small;"><em>Claude</em> de Thierry Escaich et Robert Badinter. Mise en scène Olivier Py et Pierre-André Weitz. Création mondiale à l’Opéra de Lyon jusqu’au 14 avril. De 13 à 70 €.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: small;">Photos : Bertrand Stofleth.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: small;">Festival Justice/Injustice (Erwartung+Le Prisonnier / Fidelio) à l’Opéra de Lyon jusqu’au 17 avril.</span></span></span></p>
<p><a href="http://www.opera-lyon.com/"><span style="color: #1155cc;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: small;"><span style="text-decoration: underline;">www.opera-lyon.com</span></span></span></span></a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.exitmag.fr/classique/exquis-escaich/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>&#171;&#160;L&#8217;Opéra ne doit pas se limiter au sérail&#160;&#187;</title>
		<link>http://www.exitmag.fr/classique/lopera-ne-doit-pas-se-limiter-au-serail/</link>
		<comments>http://www.exitmag.fr/classique/lopera-ne-doit-pas-se-limiter-au-serail/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 14 Apr 2013 21:02:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Luc Hernandez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Classique]]></category>
		<category><![CDATA[Alex Ollé]]></category>
		<category><![CDATA[Olivier]]></category>
		<category><![CDATA[Opéra de Lyon]]></category>
		<category><![CDATA[Robert Badinter]]></category>
		<category><![CDATA[Serge Dorny]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.exitmag.fr/?p=1940</guid>
		<description><![CDATA[A l&#8217;occasion du festival Justice / Injustice, entretien avec Serge Dorny, directeur de l&#8217;Opéra de Lyon depuis 10 ans, sur sa politique artistique, le bon usage de l&#8217;argent public. Il évoque aussi pour la première fois sa candidature non retenue à l&#8217;Opéra de Paris. Créer un festival comme Justice/Injustice permet-il d&#8217;amener différemment le public à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/04/Serge-Dorny.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1941" title="Serge-Dorny" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/04/Serge-Dorny-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>A l&#8217;occasion du festival Justice / Injustice, entretien avec Serge Dorny, directeur de l&#8217;Opéra de Lyon depuis 10 ans, sur sa politique artistique, le bon usage de l&#8217;argent public. Il évoque aussi pour la première fois sa candidature non retenue à l&#8217;Opéra de Paris.</p>
<p><strong>Créer un festival comme Justice/Injustice permet-il d&#8217;amener différemment le public à l&#8217;opéra ?</strong></p>
<p><strong>Serge Dorny : </strong>« Oui, il permet surtout d&#8217;instaurer une autre relation avec la vie de la cité. Travailler sur une saison a beaucoup d&#8217;avantages, comme la maturation des projets. Un festival permet à l&#8217;inverse une concentration d&#8217;activités intéressantes. Il nous oblige à nous dépasser, ce qui apporte nécessairement une qualité supplémentaire. Il fait aussi de l&#8217;opéra une « piazza » où les gens se retrouvent, un lieu de rencontre et de débats autour de grandes questions de société. Il donne à l&#8217;opéra toute son actualité et sa pertinence.</p>
<p><strong>Le fait d&#8217;aborder des questions d&#8217;actualité comme celle de le justice et des conditions de détention avec Claude permet-il de faire venir un public nouveau ?</strong></p>
<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/04/Fidélio.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1942" title="Fidélio" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/04/Fidélio-300x198.jpg" alt="" width="300" height="198" /></a>Il y a une mixité du public à l&#8217;Opéra de Lyon qui a été l&#8217;objet d&#8217;un travail de longue haleine, intra muros mais aussi hors les murs. Notre public est en cohérence avec la population de la ville. Mais sans doute que les questions brûlantes traitées dans le festival Justice/Injustice apporte encore un élargissement supplémentaire. C&#8217;est aussi dû au travail artistique que nous menons. La proposition de Gary Hill pour <em>Fidélio </em>par exemple fait appel à l&#8217;univers de la SF et du manga, qui pourra toucher un autre public que celui des aficionados parce qu&#8217;elle est inattendue.</p>
<p><strong>Faire venir des personnalités extérieures au monde de l&#8217;opéra comme Robert Badinter sur <em>Claude</em>, Pierrick Sorin pour <em>La Flûte enchantée</em> en juin ou Christophe Honoré à la rentrée est-il aussi caractéristique de l&#8217;ouverture de l&#8217;Opéra de Lyon ?</strong></p>
<p>Ce qui est important, c&#8217;est d&#8217;enrichir constamment la proposition artistique. Des gens comme La Fura dels Baus qui ne font presque plus que de l&#8217;opéra aujourd&#8217;hui viennent pourtant des arts de la rue. L&#8217;opéra s&#8217;est ouvert sur le théâtre il y a déjà longtemps pour ne pas rester exclusivement une forme chantée. Il doit toujours veiller à cette ouverture pour s&#8217;enrichir d&#8217;autres possibilités avec d&#8217;autres arts, même si on connaît tous des grands noms de metteur en scène comme Olivier Py, Laurent Pelly ou Alex Ollé qui viennent régulièrement à l&#8217;Opéra de Lyon. Mais c&#8217;est important de ne pas se limiter au sérail. Si on se limite à ce qu&#8217;on connaît, on court le risque de tous se ressembler, et les institutions deviennent interchangeables. Il faut constamment développer de nouvelles rencontres. Je vais constamment au théâtre ou au spectacle pour ça, et il y a une richesse extraordinaire. C&#8217;est comme ça que j&#8217;ai découvert David Marton, musicien et metteur en scène, qui fera sa première expérience à l&#8217;opéra à Lyon en mai avec <em>Capriccio.</em></p>
<p><strong>Lors de votre conférence de presse, vous avez expliqué que l&#8217;opéra touchait beaucoup d&#8217;argent public, mais que contrairement à beaucoup de vos collègues, vous ne pensiez pas que « tout vous était dû ». Que vouliez-vous dire ?</strong></p>
<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/04/Claude-2.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1943" title="Claude 2" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/04/Claude-2-300x190.jpg" alt="" width="300" height="190" /></a>Je voulais simplement dire que nous travaillons avec une proportion d&#8217;argent public importante. J&#8217;en suis conscient, et j&#8217;en suis reconnaissant. Petite parenthèse : la proportion des financements publics est de 79% aujourd&#8217;hui, elle était de 93% à mon arrivée en 2003. Nos recette propres ont donc progressé de 7 à 20%. Je ne veux faire de leçon à personne. Mais avoir travaillé en Belgique et surtout à Londres, dans un pays anglo-saxon mais qui n&#8217;est pas l&#8217;Amérique mais où l&#8217;argent public est moins présent, m&#8217;a donné une certaine ouverture d&#8217;esprit. Je ne dis surtout pas qu&#8217;il faut faire la même chose ou que tel système est meilleur que tel autre. Quand je dis « rien ne nous ai dû », je veux dire : « on ne peut pas exiger d&#8217;avoir quelque chose parce qu&#8217;on l&#8217;a toujours eu. Ça doit correspondre à une action. On a des comptes à rendre quand on reçoit de l&#8217;argent public. Ce n&#8217;est pas quantitatif. C&#8217;est un contrat d&#8217;objectifs. Lorsqu&#8217;on reçoit de l&#8217;argent, on a des devoirs. On ne peut pas se contenter de le revendiquer. On est responsable. On ne peut pas dire &laquo;&nbsp;après moi le déluge&#8230;&nbsp;&raquo;. On ne doit pas être dans la revendication des deniers publics, mais dans le questionnement au quotidien. C&#8217;est ce que j&#8217;appelle être un acteur citoyen. Les lieux les plus créatifs sont d&#8217;ailleurs souvent les plus responsables.</p>
<p><strong>Vous coproduisez la saison prochaine <em>Le Comte Ory</em> de Rossini mis en scène par Laurent Pelly avec la Scala de Milan dirigée par Stéphane Lissner. Il vient d&#8217;être nommé à l&#8217;Opéra de Paris pour 2015. Vous étiez en finale avec lui. Regrettez-vous de ne pas avoir été choisi à Paris ?</strong></p>
<p>J&#8217;en suis d&#8217;abord ravi pour lui d&#8217;autant qu&#8217;il y pensait depuis longtemps. C&#8217;est l&#8217;aboutissement d&#8217;un rêve. Moi je n&#8217;ai jamais rêvé de diriger l&#8217;Opéra de Paris, mais j&#8217;avais commencé d&#8217;y réfléchir à la demande des politiques. Ce n&#8217;est pas un aboutissement personnel, c&#8217;est le projet pour une institution donnée qui m&#8217;anime. Quand je suis venu à Lyon, j&#8217;aurais pu aller à Amsterdam ou ailleurs, mais j&#8217;avais un projet à un moment donné. J&#8217;ai pu rêver d&#8217;un projet pour Paris, mais on dit parfois que les rêves sont plus beaux que la réalité&#8230; Ça a été un exercice intellectuel très riche en tout cas.</p>
<p><strong>Il y a des rêves récurrents. Vous pourrez peut-être proposer à nouveau votre projet ?</strong></p>
<p>On verra. Certains rêvent perdent aussi de leur actualité. Paris c&#8217;est une très belle institution mais compliquée. Il se peut que ça ne corresponde pas à une fin de carrière, à un bâton de Maréchal. La question pour moi n&#8217;est pas « qui » pour diriger, mais « de quoi » est-ce que l&#8217;institution a besoin, quel est son défi. Les institutions sont des paquebots. Elles ont la solidité, mais elles nécessitent une énergie totale et surtout de la durée pour les faire évoluer. »</p>
<p>Propos recueillis par Luc Hernandez</p>
<p>Festival Justice / Injustice à l&#8217;Opéra de Lyon jusqu&#8217;au 17 avril. <span style="color: #000080;"><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://Www.opera-lyon.com/">www.opera-lyon.com</a></span></span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.exitmag.fr/classique/lopera-ne-doit-pas-se-limiter-au-serail/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Plein les mirettes</title>
		<link>http://www.exitmag.fr/cinema/plein-les-mirettes/</link>
		<comments>http://www.exitmag.fr/cinema/plein-les-mirettes/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 22 Mar 2013 14:01:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alban Liebl</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Hallucinations collectives]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.exitmag.fr/?p=1896</guid>
		<description><![CDATA[Sixième édition déjà pour le plus barré et le plus passionnant des festivals de cinéma de la région lyonnaise ! Et comme chez Exit quand on aime on a l’esprit prosélyte, on ne saurait trop vous encourager à contribuer au succès croissant de cette manifestation (on se souvient de l’ambiance de folie lors de l’avant-première de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/03/LEnfant-miroir_071.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1910" title="Hallucinations Collectives" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/03/LEnfant-miroir_071.jpg" alt="Enfant Miroir" width="300" height="169" /></a>Sixième édition déjà pour le plus barré et le plus passionnant des festivals de cinéma de la région lyonnaise ! Et comme chez Exit quand on aime on a l’esprit prosélyte, on ne saurait trop vous encourager à contribuer au succès croissant de cette manifestation (on se souvient de l’ambiance de folie lors de l’avant-première de <em>The Raid</em>, en ouverture du festival 2012). Une belle récompense pour le travail au long cours effectué par l’association ZoneBis pour défendre son festival dédié aux films de genre et faire reconnaître à sa juste valeur un cinéma qui sort des chemins plus balisés de la cinéphilie classique. Cette année encore le programme s’annonce copieux, mêlant toujours une compétition de films en avant-premières et des rétrospectives, accompagnées de nombreux invités. Parmi eux Nicolas Boukhrief, ancien critique chez Starfix, revue de référence dans les années 80, et réalisateur du <em>Convoyeur</em>. Il sera présent à double titre : le festival lui a confié une programmation carte blanche, et il participera à une soirée débat autour <em>d’Assassin(s)</em> de Mathieu Kassovitz, film très controversé dont il fut le co-scénariste. Autre temps fort : des projections, concerts et expositions seront programmés autour d’une thématique transversale. Cette année « Blancs, sales et méchants» ! Voilà qui promet.</p>
<p><strong>Ça va saigner</strong></p>
<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/03/Lenfant-miroir.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1913" title="Hallucinations collectives Lyon Enfant miroir" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/03/Lenfant-miroir.jpg" alt="Enfant Miroir Philip Ridley" width="300" height="163" /></a>Un hommage sera également rendu au cinéma anglais horrifique. Une histoire  extrêmement riche  dans un pays qui n’a jamais oublié qu’il était aux sources littéraires du genre, et une tradition qui a toujours su se renouveler, des productions flamboyantes de la Hammer à l’horreur psychologique du cinéma le plus contemporain. Avec toujours une élégance et une pointe d’excentricité qui manquent parfois à l’efficacité <em>mainstream </em>du cousin américain.</p>
<p>Enfin de belles découvertes en perspectives, grâce au désormais traditionnel « cabinet de curiosités ». Des films intrigants, parfois magnifiques, mais tombés aux oubliettes de la mémoire cinéphile. Parce qu’il permet de les remettre en pleine  lumière dans l’ambiance irremplaçable  d’une salle de cinéma , le rendez-vous que nous propose les Hallucinations Collectives est des plus précieux. Profitez-en !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Quatre perles sélectionnées  de l’édition 2013</strong></span></p>
<p><strong><em>L’Enfant-miroir</em></strong> de Philip Ridley (1990)</p>
<p>Le premier film météore d’un petit génie anglais, à qui l’on prédisait un avenir à la David Lynch mais qui a hélas très peu tourné depuis. A la lisière du fantastique et du drame familiale, ce portrait d’un enfant perturbé dans l’Amérique  rurale des années 50 est d’ une beauté bouleversante.</p>
<p><strong><em>La Compagnie des loups</em></strong> de Neil Jordan (1984)</p>
<p>Sans doute l’un des plus beaux films d’horreur gothique jamais réalisés. Un voyage viscéral dans les contes  de fée qui révèle leur érotisme et leur violence sous-jacente. Avec ce <em>Barry Lyndon</em> du film de monstre, Neil Jordan signait un film plastiquement sublime, quelques années avant <em>Entretien avec un vampire</em>.</p>
<p><strong><em>Gods and Monsters</em></strong> de Bill Condon (1998)</p>
<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/03/Gods_and_Monsters_13460_Medium.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1914" title="Gods and monsters Bill Condon" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/03/Gods_and_Monsters_13460_Medium.jpg" alt="Bill Condon Gods and Monsters" width="300" height="198" /></a>Les derniers jours de la vie de James Whale, le réalisateur de Frankenstein, vus à travers le regard de son jardinier, dont il était tombé amoureux. Un film sensible et émouvant sur un artiste méconnu, porté par l’interprétation du grand Ian McKellen.</p>
<p><strong><em>Requiem pour un massacre</em></strong> de Elem Klimov (1985)</p>
<p>Le parcours tragique d’un  jeune Russe dont le village a été envahi par les SS. Requiem pour un  massacre fait partie de ces films dont il est difficile de se défaire, longtemps après la projection. La guerre comme un cauchemar éveillé, une expérience de spectateur radicale et inoubliable.</p>
<p>Alban Liebl</p>
<p>Les Hallucinations collectives</p>
<p>Du 23 mars au 1er avril  au Comoedia, Lyon 7<sup>ème</sup>.</p>
<div><a title="Hallucinations Collectives" href="www.hallucinations-collectives.com" target="_blank">www.hallucinations-collectives.com</a></div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.exitmag.fr/cinema/plein-les-mirettes/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Pour tout l&#8217;Or du monde</title>
		<link>http://www.exitmag.fr/classique/pour-tout-lor-du-monde/</link>
		<comments>http://www.exitmag.fr/classique/pour-tout-lor-du-monde/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 18 Mar 2013 06:59:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Luc Hernandez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Classique]]></category>
		<category><![CDATA[Opéra de Genève]]></category>
		<category><![CDATA[Or du Rhin]]></category>
		<category><![CDATA[Ring]]></category>
		<category><![CDATA[Wagner]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.exitmag.fr/?p=1841</guid>
		<description><![CDATA[Venant après une longue suite de productions (dont la plus belle reste sans doute celle de David McVicar à Strasbourg), ce Ring monté par le tandem Dieter Dorn- Jürgen Rose a choisi clairement le retour aux sources plutôt qu&#8217;une énième spéculation interprétative. Plateau nu, armature du théâtre apparente, un simple rideau flottant figure le flux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/03/LOr-du-Rhin-2.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1918" title="L'Or du Rhin Genève" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/03/LOr-du-Rhin-2-300x169.jpg" alt="" width="300" height="169" /></a>Venant après une longue suite de productions (dont la plus belle reste sans doute celle de David McVicar à Strasbourg), ce Ring monté par le tandem Dieter Dorn- Jürgen Rose a choisi clairement le retour aux sources plutôt qu&#8217;une énième spéculation interprétative. Plateau nu, armature du théâtre apparente, un simple rideau flottant figure le flux du Rhin tandis que le Dieux sortent quelques instants plus tard d&#8217;une vulgaire tente, masqués comme au théâtre antique. Rien qui ne soit fidèle au livret du compositeur dans cette lecture archi-lisible qui vous ferait passer Wagner pour un pédagogue ! Seules les photos d&#8217;archives de guerres récentes, projetées en ouverture de rideau, font référence au monde d&#8217;aujourd&#8217;hui. Ridiculisés, leur forteresse se réduisant à un simple dessin, les dieux font pâle figure, augurant d&#8217;une lecture volontiers humaniste, moquant les vaines luttes pour la domination du monde.</p>
<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/03/LOr-du-Rhin-3.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1919" title="L Or du Rhin Genève" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/03/LOr-du-Rhin-3-300x200.jpg" alt="Opéra Wagner Or du Rhin Genève" width="300" height="200" /></a>Mais la plus belle idée des metteurs en scène, c&#8217;est précisément de cacher leur jeu. La magie opère d&#8217;autant mieux qu&#8217;on ne voit pas d&#8217;où elle surgit. Le heaume d&#8217;Albericht est véritablement magique et le fait disparaître au beau milieu de la scène d&#8217;une simple extinction des feux, avant qu&#8217;il ne renaisse, floué, en crapaud, ou en dragon volant digne d&#8217;un conte pour enfants. Utilisant aussi bien le profondeur de la scène pour faire venir les dieux que les trappes pour faire surgir le monde souterrain du Nibelheim, un des plus beaux moments de ce prologue, derrière leur minimalisme apparent, Dorn et Rose n&#8217;oublie pas leur savoir-faire pour utiliser tout le potentiel de la scène. C&#8217;est on ne peut plus intelligent. Fidèles au mythe par la magie, ils n&#8217;en oublient pas pour autant la dimension théâtrale, particulièrement présente dans le prologue, davantage centré sur l&#8217;action et la comédie que le reste du drame wagnérien. Bon chanteur et excellent comédien, Corby Welch campe un Loge asexué et opportuniste, faisant le lien entre les différents mondes et personnages. On peut simplement regretter un décor un peu trop prosaïque, très arte povera, quand il s&#8217;agit de faire surgir les filles du Rhin de vulgaires cubes asymétriques (en guise de rochers ?), ou s&#8217;envoler les Dieux en ballon noir devant un malheureux rideau arc-en-ciel pour figurer le Walhalla, que la pauvreté des lumières de Tobias Löffler, sans nuance ni effets d&#8217;ombre, ne parvient jamais à mettre en valeur.</p>
<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/03/LOr-du-Rhin-Carole-Parodi.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1920" title="Or du Rhin Wagner" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/03/LOr-du-Rhin-Carole-Parodi-300x168.jpg" alt="Genève Opéra Wagner" width="300" height="168" /></a>Mais l&#8217;autre point fort de ce Ring, c&#8217;est sa parfaite cohésion entre scène et fosse. Si l&#8217;orchestre de la Suisse Romande et notamment les cuivres étaient encore en rodage lors de l&#8217;ouverture le soir de la première, la direction d&#8217;Ingo Metzmacher fait preuve de la même lisibilité que la mise en scène, privilégiant la narration sur la méditation ce qui, là encore, sied parfaitement au prologue. Alerte, foisonnant, il soutient magnifiquement le propos et les voix, globalement très homogènes. John Lundgren impressionne d&#8217;entrée de jeu en Alberich et peut convoquer toute une palette expressive, tout comme le Wotan de Tom Fox, convaincant, subtil, tour à tour autoritaire et vulnérable. La Fricka de la mezzo russe Elena Zhidkova n&#8217;est pas en reste.</p>
<p>Une belle production donc, limpide et intelligente , dont le potentiel devrait trouver à se bonifier en se confrontant à la trilogie qui suit, à commencer par la Walkyrie promise en novembre dont on guette déjà la chevauchée.</p>
<p>Luc Hernandez</p>
<p>Photos : GTG / Carole Parodi.</p>
<p><strong><em>L&#8217;Or du Rhin</em></strong> de Richard Wagner, jusqu&#8217;au 24 mars au Grand Théâtre de Genève. <a href="http://www.geneveopera.ch/">www.geneveopera.ch</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.exitmag.fr/classique/pour-tout-lor-du-monde/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Une histoire de Croque-Monsieur</title>
		<link>http://www.exitmag.fr/sortir/une-histoire-de-croque-monsieur/</link>
		<comments>http://www.exitmag.fr/sortir/une-histoire-de-croque-monsieur/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 12 Mar 2013 14:28:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Luc Hernandez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sortir]]></category>
		<category><![CDATA[Crock'n'roll]]></category>
		<category><![CDATA[Lyon]]></category>
		<category><![CDATA[Restaurant]]></category>
		<category><![CDATA[Restaurants]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.exitmag.fr/?p=1838</guid>
		<description><![CDATA[C&#8217;est une belle histoire. Une histoire née dans le cerveau de deux frères, Kevin et Bryan. Lors d&#8217;une soirée un peu arrosée entre amis, Kevin décide de faire des croque-monsieur à des amis étrangers, en Erasmus à Lyon, car ces derniers ne connaissaient pas le célèbre sandwich français. On ne sait pas si le taux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/03/Crocknroll.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1923" title="Crocknroll Lyon" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/03/Crocknroll-300x201.jpg" alt="Restaurant Crocknroll" width="300" height="201" /></a>C&#8217;est une belle histoire. Une histoire née dans le cerveau de deux frères, Kevin et Bryan. Lors d&#8217;une soirée un peu arrosée entre amis, Kevin décide de faire des croque-monsieur à des amis étrangers, en Erasmus à Lyon, car ces derniers ne connaissaient pas le célèbre sandwich français. On ne sait pas si le taux d&#8217;alcoolémie des protagonistes a joué un rôle, toujours est-il que le repas improvisé est un franc succès. L&#8217;idée de devenir son propre patron, alors toujours à l&#8217;état embryonnaire, commence à faire son petit bonhomme de chemin. Et si c&#8217;était ça, la bonne idée ? En effet, aucun resto spécialisé dans le croque-monsieur n&#8217;existe jusque-là en France. L&#8217;histoire commence, pour de bon.</p>
<p><strong>Success story</strong></p>
<p>Très influencés par les différents voyages, les deux frères décident de donner à leur resto une ambiance très minimaliste, en mode atelier new-yorkais. Très hippster dans l&#8217;âme, en somme. Fans de musiques, le nom est tout trouvé : ce sera le « crock&#8217;n'roll », accompagné de la devise &laquo;&nbsp;croq&#8217;, drink, sound&nbsp;&raquo;. Une devise qui rassemble beaucoup de monde. En effet, le succès dépasse toutes leurs espérances dés les premières semaines. Eux qui pensaient travailler à deux pendant au moins quelques années, les voila obligés, au bout d&#8217;un an seulement, d&#8217;agrandir leur équipe. Considérablement même, puisque de la fratrie, l&#8217;équipe est passée à neuf personnes, dont cinq sont en temps plein. Une aubaine.</p>
<p><strong>Comme à la maison</strong></p>
<p>Il est vrai que le &laquo;&nbsp;croq&nbsp;&raquo; ne désemplit jamais. Toujours plein, il n&#8217;est pas rare de ne pas trouver de table de disponible. Pas grave, le resto propose une formule à emporter. Les horaires sont dignes d&#8217;un fast food. Les tarifs, eux, sont également dans le même esprit avec des formules à partir de 7,90 €. Mais ne vous y méprenez pas, on ne vient pas ici comme l&#8217;on vient au McDo. L&#8217;ambiance, l&#8217;accueil convivial, la qualité des produits, les vinyles de rock en vente et les concerts organisés de temps en temps, vous font comprendre qu&#8217;ici l&#8217;univers est totalement différent. On a vite fait de s&#8217;y sentir comme à la maison. Toujours poussés par l&#8217;idée d&#8217;innovation les deux jeunes patrons viennent tout juste de lancer une nouvelle carte, pour satisfaire encore plus des clients déjà conquis. Et puis pour les plus difficiles, pas de problème, l&#8217;atelier compo vient de débarquer, ainsi chacun pourra composer le croque de ses rêves. Difficile de ne pas tomber sous le charme.</p>
<p>Gaspard Manet</p>
<p><strong>The Crock&#8217;n'Roll</strong></p>
<p><strong>1, Rue Désirée &#8211; 69001 Lyon</strong></p>
<p><strong>Tel : 09 52 34 21 82</strong></p>
<p>Ouverture 7j/7, de 11h30 à 0h30. Formules à partir de 7,90 €.<strong> </strong></p>
<p><a href="http://www.thecrocknroll.net"><strong>www.thecrocknroll.net</strong></a><strong> </strong></p>
<p><strong>Facebook : The Crock&#8217;n'roll</strong></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.exitmag.fr/sortir/une-histoire-de-croque-monsieur/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>&quot;No&quot;, la claque de Pablo Larrain</title>
		<link>http://www.exitmag.fr/cinema/no-la-claque-de-pablo-larrain/</link>
		<comments>http://www.exitmag.fr/cinema/no-la-claque-de-pablo-larrain/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 07 Mar 2013 07:41:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Luc Hernandez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Cannes 2012]]></category>
		<category><![CDATA[No]]></category>
		<category><![CDATA[Pablo Larrain]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.exitmag.fr/?p=1834</guid>
		<description><![CDATA[C&#8217;était un des meilleurs films de l&#8217;excellent cru de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes 2012. Le cinéaste chilien Pablo Larrain était déjà l&#8217;auteur du très beau Tony Manero où un fan minable de John Travolta devenait un serial killer dans le Chili de 1979. Pour clore une trilogie sur le Chili de Pinochet (Santiago [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/03/No.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1927" title="No Pablo Larrain" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/03/No-300x244.jpg" alt="No Pablo Larrain" width="300" height="244" /></a>C&#8217;était un des meilleurs films de l&#8217;excellent cru de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes 2012. Le cinéaste chilien Pablo Larrain était déjà l&#8217;auteur du très beau <em>Tony Manero </em>où un fan minable de John Travolta devenait un serial killer dans le Chili de 1979. Pour clore une trilogie sur le Chili de Pinochet (<em>Santiago 73,</em>empesé, nous avait moins convaincu), il s&#8217;attaque cette fois à un gros morceau : le référendum de 1988 qui devait servir au dictateur en place à se maintenir au pouvoir.  Le « No » l&#8217;emportera, et sonnera le début d&#8217;une certaine démocratie. La forme est géniale : pour raconter cette transition historique, Larrain choisit de concentrer son récit sur deux publicitaires de la même agence, travaillant chacun pour un camp. Le boss, au service du pouvoir (Alfredo Castro), et le jeune disciple (Gael Garcia Bernal, formidable de mystère), apolitisé et pas foncièrement hostile au régime, choisissant le « No » plus par bravade professionnelle que par conviction&#8230; Le premier tour de force de Larrain, c&#8217;est d&#8217;adopter de bout en bout la forme télévisuelle de son pseudo-héros : format 4/3, images surexposées et qualité VHS bien baveuse, le film nous plonge radicalement dans l&#8217;esthétique d&#8217;une époque, pour mieux mêler images d&#8217;archives (bien réelles mais souvent hallucinantes de kitcherie), et reconstitution, la Fuego de Garcia Bernal en tête, comme dans <em>Pamela Rose</em>&#8230;</p>
<p><strong>Du relativisme en politique</strong></p>
<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/03/No-3.jpeg"><img class="alignright size-medium wp-image-1836" title="No 3" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/03/No-3-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a>L&#8217;effet de réalité est déjà en soi dévastateur : le monde visuel défendu par le camp des démocrates est aussi sucré et désincarné qu&#8217;une pub pour « Free » (c&#8217;est le nom de la boisson sans marque, tout un symbole) ou Coca-Cola&#8230; Face au camp du « oui » dont les arguments ne reposent que sur la nostalgie et la peur, le film devient alors une pure bataille de communication, souvent sous l&#8217;angle de la comédie, devenant du même coup un reflet plus général de toute démocratie moderne, où les arguments politiques ne se résument qu&#8217;à quelques slogans et l&#8217;imaginaire collectif se réduit à peau de chagrin. De ce point de vue, « No » s&#8217;inscrit dans la longue lignée des films au relativisme politique qui forme une famille passionnante du cinéma contemporain, depuis <em>The Queen</em> de Stephen Frears (pas si éloigné dans l&#8217;utilisation d&#8217;images d&#8217;archives), en passant par <em>La Conquête </em>de Xavier Durringer, ou le récent <em>Lincoln</em> de Spielberg. Mais « No » va encore plus loin en faisant de son « héros » un individu lambda dans lequel chacun pourra peu ou prou se reconnaître (à commencer par le réalisateur). Pas forcément aimable, totalement imperméable à la chose publique, apparemment plus attaché à sa voiture qu&#8217;à la démocratie, ce René Saavedra campé par Gael Garcia Bernal est un des personnages les plus opaques et les plus passionnants de l&#8217;histoire contemporaine. S&#8217;il finit par vibrer malgré tout son enfant dans les bras à la proclamation des résultats dans une séquence splendide, c&#8217;est pour mieux retourner au bureau et ressortir des arguments vides de sens à ses nouveaux interlocuteurs du régime. Il a obtenu son nouveau job, voilà tout. En filmant ce héros passif qui louvoie pour trouver sa place sans jamais la vivre au milieu des autres, Larrain interroge évidemment notre conscience politique à tous sans le moindre manichéisme ni discours moralisateur. Rarement un cinéaste aura mis en scène une critique aussi cinglante du « néo-libéralisme », en plus de faire pour la première fois d&#8217;un héros lambda, contre son gré, le centre d&#8217;une histoire politique. Du grand art.</p>
<p>Luc Hernandez</p>
<p><em>No</em> de Pablo Larrain (Chili, 1h58) avec Gael Garcia Bernal, Alfredo Castro, Elsa Poblete&#8230; En salles depuis le 6 mars.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.exitmag.fr/cinema/no-la-claque-de-pablo-larrain/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>&quot;Avec Parsifal, on franchit le mur du son&quot;</title>
		<link>http://www.exitmag.fr/classique/avec-parsifal-on-franchit-le-mur-du-son-2/</link>
		<comments>http://www.exitmag.fr/classique/avec-parsifal-on-franchit-le-mur-du-son-2/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 01 Mar 2013 09:34:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Luc Hernandez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Classique]]></category>
		<category><![CDATA[Sortir]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.exitmag.fr/?p=1828</guid>
		<description><![CDATA[C’est à Lyon l’année dernière que François Girard avait créé la production de Parsifal qu’il reprend aujourd’hui à New York avec un casting superlatif (Kaufmann, Pape, Mattei !!). L’occasion de voir ou revoir une des plus belles productions de l’Opéra de Lyon au cinéma, en direct de New York. Entretien. Comment êtes-vous parvenu à faire du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/03/Parsifal-_Jean-Louis_Fernandez_02-copie.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1929" title="Parsifal Jean-Louis Fernandez Lyon" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/03/Parsifal-_Jean-Louis_Fernandez_02-copie-300x200.jpg" alt="Parsifal opéra Lyon" width="300" height="200" /></a>C’est à Lyon l’année dernière que François Girard avait créé la production de Parsifal qu’il reprend aujourd’hui à New York avec un casting superlatif (Kaufmann, Pape, Mattei !!). L’occasion de voir ou revoir une des plus belles productions de l’Opéra de Lyon au cinéma, en direct de New York. Entretien.</p>
<p><strong>Comment êtes-vous parvenu à faire du théâtre avec une œuvre aussi mystique que Parsifal ?</strong></p>
<p><strong>François Girard :</strong> C&#8217;est sûr que Parsifal est une œuvre débordante, dans tous les sens du mot. Elle ne rentre dans aucun théâtre, dans aucun horaire, avec un premier acte de près de 2h ! Du point de vue musical, il ne fait aucun doute qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un chef-d&#8217;oeuvre qui a révolutionné l&#8217;histoire de la musique et sonner le glas du romantisme, en annonçant toute la musique du XXème siècle. Du point de vue dramaturgique, c&#8217;est un peu compliqué. À mon avis, ça vient du fait que Wagner se sachant mourant, il a cherché à réconcilier toutes les influences qui l&#8217;avaient traversées, depuis ses racines chrétiennes jusqu&#8217;au nihilisme ou Schopenhauer en passant par le bouddhisme ou Jésus Christ. Il voulait réconcilier l&#8217;irréconciliable. C&#8217;est évidemment impossible et on n&#8217;arrivera jamais à en percer tous les secrets mais c&#8217;est ce qui donne à l&#8217;oeuvre cette altitude incroyable, même si elle reste irrésolue. C&#8217;est pour ça que j&#8217;ai choisi de partir des personnages, en les faisant vivre de façon très théâtrale justement mais surtout en trouvant le moyen d&#8217;embarquer le public dans ce grand voyage.</p>
<p><strong>Vous l&#8217;abordez dans une esthétique contemporaine ?</strong></p>
<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/03/Parsifal-_Jean-Louis_Fernandez_42-copie.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1930" title="Parsifal Gaumont " src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/03/Parsifal-_Jean-Louis_Fernandez_42-copie-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a>Oui, je voulais me détacher de l&#8217;imagerie médiévale, non pas pour kidnapper l&#8217;oeuvre mais pour que le spectateur se sente interpelé. Plutôt que de lui présenter des personnages monastiques tirés de légendes étrangères ou de mythes vaporeux, je voulais qu&#8217;ils s&#8217;incarnent dans notre quotidien. C&#8217;est pour ça que je voulais figurer une fin du monde possible à travers le réchauffement planétaire, un décor aride où l&#8217;eau se fait rare. D&#8217;où ce filet d&#8217;eau qui coule au milieu de la scène et qui deviendra un filet de sang lorsqu&#8217;Amfortas marchera blessé le long de la rivière. Mais j’ai surtout voulu mettre en scène l&#8217;opéra à partir du public. Le rideau se lève sur un effet de miroir où le public se verra lui-même. 80 personnes seront assises sur scène face au public, habillées comme lui, et de cette masse humaine vont s&#8217;extirper les personnages, ne gardant que leurs chemises blanches pour former la communauté des chevaliers. C&#8217;est une façon de dire au public que c&#8217;est de quelqu&#8217;un qui lui ressemble dont il est question. Le manque de compassion de la communauté, la tentation d&#8217;Amfortas, ce sont les nôtres. Cette spiritualité qui se perd, c&#8217;est aussi celle du monde d&#8217;aujourd&#8217;hui.</p>
<p><strong>Comment avez-vous apprivoiser la lenteur réputée de l&#8217;oeuvre ?</strong></p>
<p>C&#8217;est une pulsation méditative. Il ne faut pas chercher à y résister, au contraire, il faut l&#8217;embrasser. Il n&#8217;y a rien de pire que de chercher à remplir la lenteur avec des actions qui n&#8217;auraient pas de sens. Une des notions très importantes pour moi chez Wagner, c&#8217;est de redonner au temps une échelle qui serait humaine.</p>
<p><strong>Il y a un souffle particulier dans <em>Parsifal</em>. C&#8217;est à la fois un chant du cygne, mais aussi une œuvre tournée vers l&#8217;au-delà&#8230;</strong></p>
<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/03/Jean-Louis_Fernandez_76-copie.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1931" title="Parsifal Opéra Lyon" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2013/03/Jean-Louis_Fernandez_76-copie-300x199.jpg" alt="Parsifal Fernandez Lyon" width="300" height="199" /></a>Vous avez tout à fait raison. En travaillant avec l&#8217;orchestre à Lyon, on a tous été happés par la musique. On était dans le vol plané de <em>Parsifal </em>! Tout le monde passe par les larmes devant autant de transcendance. Il y a quelque chose dans <em>Parsifal </em>qui va bien au-delà des notes et du rythme. Techniquement, ce n&#8217;est pas difficile à jouer pour un orchestre. Ce qui est difficile, c&#8217;est de se mettre dans cet état de transcendance. On est au-delà de la musique. C&#8217;est ce qui a provoqué une telle déflagration à l&#8217;époque dans l&#8217;histoire de la musique. On franchit le mur du son avec <em>Parsifal</em>.</p>
<p><strong>Une question subsidiaire : en tant que cinéaste, l&#8217;opéra vous paraît-il plus proche du cinéma en tant qu&#8217;art total ou du théâtre ?</strong></p>
<p>C&#8217;est très intéressant. Je pense d&#8217;ailleurs que le cinéma est né de l&#8217;opéra. Il a remplacé et presque tué l&#8217;opéra au début du XXème siècle. Wagner est une exception, mais l&#8217;opéra au XIXème siècle restait un grand divertissement populaire. L&#8217;arrivée du cinéma va le jeter par terre. L&#8217;opéra va alors tenter de se réinventer avec les tentatives de Zemlinsky, Stravinsky ou des librettistes comme Cocteau ou Brecht. C&#8217;est une partie du répertoire qui m&#8217;intéresse beaucoup. Comme cinéaste, je ne me retrouve pas toujours dans le répertoire traditionnel de l&#8217;opéra. J&#8217;adore voir de l&#8217;opéra comme spectateur mais pour le mettre en scène, j&#8217;ai un peu de misère. Si je dois raconter une histoire sur un plan naturaliste, je préfère le faire au cinéma. Pour me stimuler à l&#8217;opéra, j&#8217;ai besoin d&#8217;aller voir aux frontières, dans le pré-répertoire baroque, dans les expérimentations du début du XXème siècle, et évidemment chez Wagner qui reste un astre à part. Aucun film ne peut nous donner une telle sensation de méditation spirituelle comme peut le faire <em>Parsifal.</em> On est dans un sentiment ultime de l&#8217;art vivant qui est impossible au cinéma. »</p>
<p>Propos recueillis par Luc Hernandez</p>
<p><em>Parsifal</em> de Richard Wagner en direct du Metropolitan de New York. Co-production de l’Opéra de Lyon. Mise en scène de François Girard avec Jonas Kaufmann, Peter Mattei, René Pape. Direction musicale Daniele Gatti. Samedi 2 mars à 18h au Pathé Bellecour et au Pathé Vaise. <a href="http://www.cinemasgaumontpathe.com">www.cinemasgaumontpathe.com</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.exitmag.fr/classique/avec-parsifal-on-franchit-le-mur-du-son-2/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
