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		<title>Cannes : Loft story 2 et Madagascar 3</title>
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		<pubDate>Fri, 18 May 2012 12:09:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LHernandez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Dessin animé]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Gomorra]]></category>
		<category><![CDATA[Madagascar 3]]></category>
		<category><![CDATA[Matteo Garrone]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;est un des grands apports de Thierry Fremaux à Cannes : le film de genre, jusqu&#8217;aux films d&#8217;animation. Début de matinée avec une comédie douce amère à l&#8217;italienne, &#171;&#160;Reality&#160;&#187;, qui confirme la diversité de cette sélection 2012. Un poissonnier napolitain veut s&#8217;inscrire au Big Brother italien, Il Grande Fratello, et part pour Rome. Il va [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/05/madagascar-3-bons-baisers-d-europe-2012-17301-1409756842.jpg"><img class="size-full wp-image-1101 aligncenter" title="madagascar-3-bons-baisers-d-europe-2012-17301-1409756842" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/05/madagascar-3-bons-baisers-d-europe-2012-17301-1409756842.jpg" alt="" width="600" height="329" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>C&#8217;est un des grands apports de Thierry Fremaux à Cannes : le film de genre, jusqu&#8217;aux films d&#8217;animation.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
Début de matinée avec une comédie douce amère à l&#8217;italienne, &laquo;&nbsp;Reality&nbsp;&raquo;, qui confirme la diversité de cette sélection 2012. Un poissonnier napolitain veut s&#8217;inscrire au Big Brother italien, Il Grande Fratello, et part pour Rome. Il va surtout faire le voyage dans sa tête vers une nouvelle vie qui ne viendra jamais. Beau thème pour faire suite au magnifique Gomorra du même Matteo Garrone, grand prix du jury en 2009. Le film souffre un peu d&#8217;avoir choisi un acteur trop vieux, compromettant d&#8217;avance les chances de ce Luciano d&#8217;entrée au Grande Fratello, peinant ensuite à développer un enjeu à ce scénario qui se contente un peu trop du bagou égocentrique dans la grande tradition de la comédie italienne. L&#8217;acteur principal Aniello Arena manque aussi sévèrement de charisme et d&#8217;ambiguïté pour faire de ce Luciano autre chose qu&#8217;un pauvre type un peu idiot auquel on a du mal à s&#8217;attacher. Tour à tour un peu daté et assez inspiré (le générique du début en hélicoptère plongeant sur un carrosse anachronique dans le Naples d&#8217;aujourd&#8217;hui), le film compose néanmoins un joli portrait de l&#8217;Italie prise entre son passé et ses racines rurales et ses rêves puérils berlusconien, même si le propos semble arrivé un peu tard. Un drôle de film, perdu entre deux âges.</p>
<p style="text-align: justify;">
Récréation grand format en revanche pour Madagascar 3, en route vers l&#8217;Europe. Les studios Dreamworks n&#8217;ont jamais été aussi inspiré visuellement que dans ce dessin animé survitaminé. Idées cartoonesques dans chaque plan, rebondissements trépidants de Monte Carlo à Londres en passant par Rome pour une séquence mémorable de la &laquo;&nbsp;princesse velue&nbsp;&raquo;, ours femelle sur son petit vélo qui visite le Vatican avant de détruire d&#8217;un coup de patte les ruines de Rome ! Le personnage de la méchante gendarme, Chantal Dubois, est irrésistible : les joues et l&#8217;accent tendus comme Marlène Dietrich, elle réveillera brigade d&#8217;estropiés en chantant du Edith Piaf. Hommage au cirque d&#8217;antan et la solidarité animale un peu plus fiable que celle des humains, c&#8217;est le divertissement parfait qui pour une fois utilise plutôt bien la 3D. On ne boude pas notre plaisir.</p>
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		<title>Cannes, deuxième jour, le Paradis&#8230; ou presque !</title>
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		<pubDate>Thu, 17 May 2012 20:46:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LHernandez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Cannes 2012]]></category>
		<category><![CDATA[De Rouille et d'os]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Jacques Audiard]]></category>
		<category><![CDATA[Omyrbaev]]></category>

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		<description><![CDATA[Programme copieux pour la vraie première journée de festival, avec pour commencer la déception devant le nouveau Jacques Audiard, &#171;&#160;De rouille et d&#8217;os&#160;&#187;. Déception toute relative bien sûr : Audiard prend tous les risques, surtout coté scénario, et son cinéma reste stimulant, cent coudées au-dessus de nombre de réalisateurs. Il garde surtout sa spécificité : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/05/de-rouille-et-d-os-2012-22963-1471254622.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1099" title="de-rouille-et-d-os-2012-22963-1471254622" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/05/de-rouille-et-d-os-2012-22963-1471254622.jpg" alt="" width="650" height="457" /></a>Programme copieux pour la vraie première journée de festival, avec pour commencer la déception devant le nouveau Jacques Audiard, &laquo;&nbsp;De rouille et d&#8217;os&nbsp;&raquo;. Déception toute relative bien sûr : Audiard prend tous les risques, surtout coté scénario, et son cinéma reste stimulant, cent coudées au-dessus de nombre de réalisateurs.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong>Il garde surtout sa spécificité : ce mélange unique de brutalité physique et de finesse d&#8217;observation avec ici, deux des personnages les mieux écrits qu&#8217;on ait vus depuis longtemps. Le plus réussi reste le regard, et le regard des autres, sur le handicap, avec cette soif de vie phénoménale pour se reconstruire après une épreuve qu&#8217;on croit vivre avec elle dans sa chair. Le film touche alors à son meilleur : un melo anti-misérabiliste entre une femme qui a perdu ses jambes et une brute épaisse, un homme tout en corps qui va se révéler un gentleman insoupçonné, le seul à l&#8217;aborder sans complexe, avec une sorte de respect animal. L&#8217;amour qui s&#8217;en suit composé les plus belles scènes, et avec quels dialogues ! Mais si la greffe à du mal à prendre, si l&#8217;on ose dire, c&#8217;est parce qu&#8217;Audiard quitte rapidement ses deux personnages plutôt que de les approffondir et veut &laquo;&nbsp;faire melo&nbsp;&raquo; en rajoutant nombre de scènes qui vire à l&#8217;exercice de style : d&#8217;abord le couplet sur le fils qui donnera lieu à un final too much ridicule, ensuite le couplet social avec la vidéo surveillance et les vilains exploitants de supermarché puis la sœur au chômage, les combats pour survivre et même une scène de chiens inutile simplement destiné à faire pleurer les enfants. Le film alors s&#8217;éparpille au fur et à mesure, en plus de ne pas être toujours au top de la mise en scène (la scène de l&#8217;attaque des orques, ratée). Reste un prix d&#8217;interprétation pour Matthias Schoenaerts, démentiel, tour à tour kick boxer, gentleman sans le savoir, homme à tout faire, et &laquo;&nbsp;op&nbsp;&raquo; quand elle a besoin, dont le visage traduit mille et une expressions. Il est le meilleur atout du film.</p>
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
<div id="attachment_1080" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/05/matthias_schoenaerts_dans_de_rouille_et_d_os-ugc-distribution.jpg"><img class="size-full wp-image-1080 " title="matthias_schoenaerts_dans_de_rouille_et_d_os ugc distribution" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/05/matthias_schoenaerts_dans_de_rouille_et_d_os-ugc-distribution.jpg" alt="" width="600" height="428" /></a><p class="wp-caption-text">Matthias Schoenaerts en kick boxeur - ©UGC Distribution</p></div>
<p style="text-align: justify;">Deuxième film en compétition, Paradis de l&#8217;autrichien Ulrich Seidl, dont on n&#8217;attendait rien. Il retrouve le misérabilisme glauque de &laquo;&nbsp;Import Export&nbsp;&raquo; déjà en sélection à Cannes. Seidl est au cinéma ce que le régie theater est à la scène, c&#8217;est-à-dire une pose auteurs te qui dissimule la bêtise la plus crasse, en l&#8217;occurrence la misère du tourisme sexuel, grande nouveauté, à travers le portrait d&#8217;une Autrichienne grosse et débile qui va se faire arnaquer un à un en voulant tater du Kenyan. Deux heures de poses esthétisantes pour faire mine de découvrir à quoi ressemble la rencontre entre un sac à viande autrichien aux seins tombants et de jeunes noirs qui se prostituent pour nourrir leurs familles. Le point de vue est systématisant réducteur et démonstratif, stigmatisant des personnages qui n&#8217;existent jamais en dehors de leur utilité dans une scène, pas plus qu&#8217;ils ne sont autorisés à réfléchir sur eux-mêmes, aussi bien coté kenyan que côté autrichien. C&#8217;est du cinéma de presbyte qui grossit, répète et fait durer à foison chaque scène qui chez un réalisateur intelligent n&#8217;aurait pas excéder les 2 minutes. Une sorte de ravi de la crèche qui fait mine de découvrir la misère du monde. Bête, on vous dit.</p>
<p style="text-align: justify;">La pépite de ce vrai premier jour est venue de la sélection Un certain regard, avec la transposition flegmatique et pince-sans-rire du Crime et châtiment de Dostoievski dans &laquo;&nbsp;Student&nbsp;&raquo; d&#8217;Omyrbaev. La scène d&#8217;ouverture de tournage de pub par un étudiant en cinéma est absolument hilarante, tout comme l&#8217;âne refusant de tirer un 4&#215;4 dans la campagne russe. Tourné  et projeté en pellicule, &laquo;&nbsp;Student&nbsp;&raquo; rappelle l&#8217;esprit des premiers films de Kaurismaku. Adaptation aux dialogues savoureux et à l&#8217;humour politique dévastateur raillant les nouveaux riches, c&#8217;est aussi un très beau portrait d&#8217;une jeunesse cachée, cette zone ou l&#8217;on doute de soi-même, rêve, rumine, ce que ait sans cesse le personnage principal fantomatique de ce film low fi admirablement monte, discrètement poétique.</p>
<p style="text-align: justify;">L.H</p>
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		<title>Cannes premier jour, première purge !</title>
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		<pubDate>Wed, 16 May 2012 21:09:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LHernandez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Festival Cannes 2012]]></category>

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		<description><![CDATA[Première projection de presse en compétition officielle, &#171;&#160;Après la bataille&#160;&#187;, film égyptien de Yousry Nasrallah. Cannes s&#8217;ouvre par un clin d&#8217;oeil digne de Frédéric Taddei aux récents événements de la place Tahrir (certaines scènes ont même lieu en octobre 2011). En sautant à pieds joints dans tous les pièges de la bonne conscience sociale : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/05/apres-la-bataille-2012-24192-1512427867.jpg"><img class="size-full wp-image-1097 aligncenter" title="apres-la-bataille-2012-24192-1512427867" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/05/apres-la-bataille-2012-24192-1512427867.jpg" alt="" width="601" height="349" /></a>Première projection de presse en compétition officielle, &laquo;&nbsp;Après la bataille&nbsp;&raquo;, film égyptien de Yousry Nasrallah. Cannes s&#8217;ouvre par un clin d&#8217;oeil digne de Frédéric Taddei aux récents événements de la place Tahrir (certaines scènes ont même lieu en octobre 2011).</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En sautant à pieds joints dans tous les pièges de la bonne conscience sociale : communautarisme, sexisme, paternalisme et difficile émancipation féminine, rien de nouveau sous le soleil égyptien. On préférait la récente biographie de Cloclo. La caricature de la société arabe, entre une journaliste tête à claque qui aurait pu travailler pour le Mediapart égyptien (le dieu Ra nous en préserve) et un homme de main de Moubarak aussi expressif que le méchant de Plus belle la vie, nous donnerait envie de militer pour l&#8217;ouverture d&#8217;une ligne Easyjet Le Caire Jérusalem. La multiplication des formats d&#8217;image sans la moindre maîtrise (internet, télé, i phone, archives réelles et archives reconstituées) achève de faire sombrer ce docu-fiction dans le soap totalement confus. Surtout avec une fin aussi moralisatrice que celle du méchant qui devient gentil, mais juste avant de mourir. On pourrait voir, dans cette énergie brouillonne, des traces de Youssef Chahine, si toutefois on accède à une forme d&#8217;indulgence que le film ne mérite pas. Le comble de ce film qui se voudrait le chantre de la réconciliation égyptienne, c&#8217;est qu&#8217;il fait passer les révoltés de la place Tahrir pour des agités désordonnés sans la moindre conscience politique. Une scène culte incompréhensible au milieu de ce grand bordel : la femme du cavalier en train de découvrir en cachette les M&amp;Ms !</p>
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		<title>Cannes J-2</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 05:18:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LHernandez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Cannes]]></category>

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		<description><![CDATA[Cette année Véro et Lulu seront en direct de Cannes pendant tout le festival pour vous faire vivre en direct les films cochés d&#8217;une pierre rouge ou d&#8217;une croix noire dans les mois à venir. Début du post Mercredi soir, avec le film de Wes Anderson, puis Jacques Audiard jeudi. Veinards !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cette année Véro et Lulu seront en direct de Cannes pendant tout le festival pour vous faire vivre en direct les films cochés d&#8217;une pierre rouge ou d&#8217;une croix noire dans les mois à venir. Début du post Mercredi soir, avec le film de Wes Anderson, puis Jacques Audiard jeudi. Veinards !</p>
<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/05/festival-cannes-2012.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1089" title="festival-cannes-2012" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/05/festival-cannes-2012.jpg" alt="" width="600" height="313" /></a></p>
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		<title>L&#8217;ombre de Tim Burton</title>
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		<pubDate>Thu, 10 May 2012 07:08:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LHernandez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Eva Green]]></category>
		<category><![CDATA[Johnny Depp]]></category>
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		<description><![CDATA[Tim Burton et le film de vampires ? Rien de nouveau sous la lune. Avec Dark Shadows, le brave Tim renoue avec la veine de Mars Attacks, parodie à tous les étages d&#8217;une série télévisée des années 60. Du point de vue des thématiques, on retrouve tout son missel fantastique : morts-vivants aussi doux qu&#8217;une viennoiserie, goût [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/05/dark-shadows-2012-15623-1364447950.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1060" title="dark-shadows-2012-15623-1364447950" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/05/dark-shadows-2012-15623-1364447950.jpg" alt="" width="592" height="333" /></a>Tim Burton et le film de vampires ? Rien de nouveau sous la lune. Avec <em>Dark Shadows</em>, le brave Tim renoue avec la veine de <em>Mars Attacks</em>, parodie à tous les étages d&#8217;une série télévisée des années 60. Du point de vue des thématiques, on retrouve tout son missel fantastique : morts-vivants aussi doux qu&#8217;une viennoiserie, goût pour le gothique, ciels brumeux et manoir, tendresse pour la marginalité, humour noir et surtout peur de vieillir, qui n&#8217;est pas sans concerner Johnny Depp, péniblement préservé sous trois tonnes de maquillage. L&#8217;humour est souvent téléphoné, déjà vu cent fois dans <em>Le Bal des vampires</em> de Polanski mais fait souvent mouche : les caches les plus improbables du sus-nommé Barnabas Collins dans la maison, où la scène d&#8217;amour littéralement à grimper au rideau avec son amour de sorcière dévorée par la jalousie (Eva Green, la révélation du film). La meilleure idée reste de faire revenir le revenant, grand dadet grimé aux lèvres vermeilles, en pleine révolution sexuelle des années 70. Tout le monde fait alors sa crise d&#8217;ado anachronique, de Michelle Pfeiffer impeccable comme toujours à Helena Bonham Carter, particulièrement servie en accessoires et colorants. Mais si l&#8217;idée de départ est amusante, Burton oublie rapidement aussi bien la critique de la société américaine que la mélancolie irréelle qui irradiait <em>Edward aux mains d&#8217;argent,</em> pour opter définitivement pour la machine à pop corn.</p>
<p><strong>Son âme au diable</strong></p>
<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/05/dark-shadows-2012-15623-955328469.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1061" title="dark-shadows-2012-15623-955328469" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/05/dark-shadows-2012-15623-955328469.jpg" alt="" width="650" height="432" /></a>C&#8217;est suffisamment divertissant pour un samedi soir mais sera déjà oublié dimanche matin. Musique en roulis avec guest-stars imposées (Alice Cooper himself), numérique ripoliné aussi laid que dans le pitoyable <em>Twixt</em> de Coppola, la mise en scène semble en mode automatique, comme si Burton jouait avec les boutons à distance pour manipuler une grue sans jamais réellement s&#8217;investir. Sans doute du fait d&#8217;une avalanche de moyens et d&#8217;un scénario pratiquement inexistant, le charme de la fantaisie gothique est rapidement gagné par le formatage hollywoodien. D&#8217;autant que ce n&#8217;est pas la comédie potache, davantage là pour combler les vides qu&#8217;autre chose, qu&#8217;il réussit le mieux. La beauté sublime et incroyablement protéiforme d&#8217;Eva Green montre que c&#8217;est encore le romantisme noir qu&#8217;il préfère. Dans la dernière partie, on aperçoit enfin cette mélancolie enfantine qui fait sa personnalité. Mais à la place d&#8217;un film personnel, Burton semble avoir définitivement choisi les effets de signature très narcissiques. Une sorte de défouloir tous azimuts d&#8217;autocitations pour mieux masquer à quel point il est désinvesti. Comme pour Barnabas Collins, la résurrection n&#8217;est qu&#8217;apparente et la souffrance intérieure reste intense. Tim Burton semble avoir vendu son âme au diable, mais pour combien de temps ?</p>
<p>L.H.</p>
<p><em>Dark Shadows </em> de Tim Burton (1h52) avec Johnny Depp, Eva Green, Michelle Pfeiffer, Jackie Earle Haley, Jonny Lee Miller, Chloe Moretz, Bella Heathcoate, Helena Bonham Carter&#8230;</p>
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		<title>&#171;&#160;C&#8217;est la méga-névrose !&#160;&#187;</title>
		<link>http://www.exitmag.fr/theatre/cest-la-mega-nevrose/</link>
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		<pubDate>Wed, 09 May 2012 05:57:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LHernandez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Arne Lygre]]></category>
		<category><![CDATA[Ateliers]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Philippe Vidal]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre des Ateliers]]></category>

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		<description><![CDATA[Ancien élève d&#8217;Antoine Vitez, Jean-Philippe Vidal reprend aux Ateliers « Maman, moi et les hommes », la première pièce du Norvégien Arne Lygre sur la transmission de la violence à travers trois générations de femmes. Une narration on ne peut plus originale pour un trio infernal sur la sexualité la plus tordue. Gens normaux s&#8217;abstenir. « Maman et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/05/Maman-Vidal-copie1.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1056" title="Maman et moi et les hommes" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/05/Maman-Vidal-copie1.jpg" alt="" width="600" height="414" /></a>Ancien élève d&#8217;Antoine Vitez, Jean-Philippe Vidal reprend aux Ateliers « Maman, moi et les hommes », la première pièce du Norvégien Arne Lygre sur la transmission de la violence à travers  trois générations de femmes. Une narration on ne peut plus originale pour un trio infernal sur la sexualité la plus tordue. Gens normaux s&#8217;abstenir.</p>
<p><strong><em>« Maman et moi et les hommes »</em> est-elle une pièce sur la transmission de la violence ?</strong></p>
<p><strong>Jean-Philippe Vidal :</strong> « Oui, c&#8217;est une pièce sur la transmission des névroses sur trois générations de femmes. Chaque actrice endosse le rôle de la femme d&#8217;après pour montrer comment se transmet le fardeau, et il est épouvantable. C&#8217;est la méga névrose, la fin du monde, c&#8217;est vraiment épouvantable, même si Arne Lygre s&#8217;amuse aussi avec tout ça. C&#8217;est surtout une pièce sur la peur de vivre, l&#8217;empêchement, la peur de se lancer, d&#8217;affronter la vie. C&#8217;est ce que j&#8217;ai surtout ressenti. Ce sont trois femmes sur un tout petit Fjord en Norvège qui restent paniquées à l&#8217;idée de sortir. Quand la fille ira retrouver son père à New York, elle restera dix ans dans une chambre d&#8217;hôtel avant d&#8217;avoir le courage de sortir pour aller le voir. C&#8217;est aussi une pièce où les névroses déteignent sur la sexualité. Une femme va quand même se transformer en une sorte d&#8217;araignée qui kidnappe un jeune homme pour le violer. C&#8217;est vraiment étrange comme sexualité ! (rires) Je n&#8217;ai pas pu m&#8217;empêcher de penser à l&#8217;histoire de <em>Misery</em>, où une femme séquestre l&#8217;écrivain dont elle est fan . On est vraiment au cœur de la névrose.</p>
<p><strong>C&#8217;est la première pièce écrite par Arne Lygre, qu&#8217;on a pu découvrir récemment au TNP avec « Je Disparais ». Est-elle une pièce à part ?</strong></p>
<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/05/MAMAN-ET-MOI-ET-HOMMES-HELENE-BABU-ET-ADRIEN-MICHAUX.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1057" title="MAMAN-ET-MOI-ET-HOMMES-HELENE-BABU-ET-ADRIEN-MICHAUX" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/05/MAMAN-ET-MOI-ET-HOMMES-HELENE-BABU-ET-ADRIEN-MICHAUX.jpg" alt="" width="592" height="389" /></a>Oui, c&#8217;est une pièce assez à part. C&#8217;est une oeuvre de jeunesse. On sent qu&#8217;il cherche encore ses marques. Mais ce qui est passionnant, c&#8217;est que la singularité de son univers est déjà là. Ce n&#8217;est pas du tout une pièce mineur. C&#8217;est celle qui annonce tout son univers à venir.</p>
<p><strong>A-t-il inventé une forme de théâtre moderne avec des personnages qui parlent d&#8217;eux-mêmes à la troisième personne ?</strong></p>
<p>Oui, ce qui me frappe, c&#8217;est qu&#8217;il a un peu anticipé ce qui se fait beaucoup aujourd&#8217;hui dans le théâtre contemporain, c&#8217;est-à-dire de s&#8217;adresser directement aux spectateurs, ce qu&#8217;on peut retrouver chez des gens aussi variés que Jean-François Sivadier ou Rodrigo Garcia par exemple. La difficulté avec les acteurs, c&#8217;est qu&#8217;ils pourraient s&#8217;en servir pour parler entre eux. Or je ne voulais surtout pas que les personnages se parlent à eux-mêmes. Ils s&#8217;adressent au public pour parler d&#8217;eux. C&#8217;est là où Arne Lygre est éminemment théâtral. C&#8217;est un peu comme si ils nous interrogeaient tous en même temps qu&#8217;il s&#8217;interrogent sur eux-mêmes.</p>
<p><strong>Quel bagage gardez-vous de votre formation auprès d&#8217;Antoine Vitez puis Christian Schiaretti ?</strong></p>
<p>Vitez avait l&#8217;art de vous faire vous sentir intelligent. Il embrassait tellement de choses dans ce qu&#8217;il disait, qu&#8217;on pensait en avoir une part. Il m&#8217;a surtout permis d&#8217;être confronté directement au métier. Ce n&#8217;était pas simplement une école même s&#8217;il accordait beaucoup d&#8217;importance aux rapports entre maître et élève, on travaillait au cœur du Théâtre de Chaillot. C&#8217;est la dimension qu&#8217;on retrouve chez Schiaretti : faire partie d&#8217;une troupe, avoir un outil complet de travail où répétitions et spectacles se mêlent, ce qui n&#8217;arrive jamais pour une compagnie.</p>
<p><strong>Vous avez monté Jon Fosse ou Arne Lygre. Est-il plus difficile aujourd&#8217;hui de monter du théâtre contemporain ?</strong></p>
<p>Oui, c&#8217;est extraordinairement difficile. Quand j&#8217;ai voulu monter ce spectacle il y a deux ans, personne ne connaissait Arne Lygre, qu&#8217;on connaît un tout petit peu mieux aujourd&#8217;hui. Si vous n&#8217;avez pas la notoriété de Chéreau ou Brauswhweig, les programmateurs restent on ne peut plus frileux. On est donc obligé de jongler engtre classique et contemporain. Avec la compagnie, nous venons d&#8217;enchaîner Arne Lygre, Feydeau, Jon Fosse et Tchekov. Sans quoi nous ne pourrions pas vivre. En même temps, c&#8217;est excitant de devoir se battre pour devoir convaincre, ça fait partie du challenge et de la passion. Encore faut-il qu&#8217;il reste des lieux défricheurs comme Les Ateliers pour accueillir des auteurs nouveaux. »</p>
<p>Propos recueillis par Luc Hernandez</p>
<p><em>Maman et moi et les hommes</em> d&#8217;Arne Lygre par la compagnie Sentinelle 0205 mise en scène par Jean-Philippe Vidal. Du 9 au 12 mai au Théâtre des Ateliers. De 10 à 20 €. 04 78 37 46 30. <span style="color: #000080;"><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.theatrelesateliers-lyon.com/">www.theatrelesateliers-lyon.com</a></span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
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]]></content:encoded>
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		<title>La folie Rodanski</title>
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		<pubDate>Wed, 09 May 2012 05:47:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LHernandez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Bal des Ardents]]></category>
		<category><![CDATA[Fage]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Rodanski]]></category>

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		<description><![CDATA[Jeudi 10 mai à 19h, l&#8217;association des enfants du Limon organise une soirée consacrée au poète lyonnais, Stanislas Rodanski, à l&#8217;occasion de la parution du livre Stanislas Rodanski, éclats de vie, aux éditions Fage. L&#8217;occasion pou nous de publier une lettre inédite du poète. &#160; Lettre à André Breton par Stanislas Rodanski (1950) Alors qu’il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/05/rodanski.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1052" title="rodanski" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/05/rodanski.jpg" alt="" width="290" height="400" /></a>Jeudi 10 mai à 19h, l&#8217;association des enfants du Limon organise une soirée consacrée au poète lyonnais, Stanislas Rodanski, à l&#8217;occasion de la parution du livre <em>Stanislas Rodanski, éclats de vie</em>, aux éditions Fage. L&#8217;occasion pou nous de publier une lettre inédite du poète.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h1><strong>Lettre à André Breton par Stanislas Rodanski (1950)</strong></h1>
<p><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">Alors qu’il est interné à Villejuif lors de ses nombreux séjours psychiatriques, le poète lyonnais Stanislas Rodanski (1927-1981) écrit une lettre poignante à André Breton, compagnon de sa période surréaliste. Elle a été publiée pour la première fois dans le numéro 1 d&#8217;EXIT en octobre 2010.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;"><em>Cette lettre de Stanislas Rodanski à André Breton comprend quatre feuillets, dont le premier est daté du 1</em></span></span><sup><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;"><em>er</em></span></span></sup><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;"><em> avril ; l’enveloppe porte le cachet de la poste : Villejuif, 28 avril 1950. Provenant de la vente André Breton des 11-12 avril 2003 (manuscrits, n°2330), elle a été acquise en 2008 à un libraire parisien  par la Bibliothèque municipale de Lyon, où elle est classée à la cote Ms 7091. Elle est écrite au stylo bille bleu, recto verso, sur un papier quadrillé de mauvaise qualité. Je remercie Pierre Guinard, conservateur général du patrimoine, responsable du Fonds ancien, d’en avoir autorisé la reproduction dans Exit.</em></span></span></span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">Le 1</span></span><sup><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">er</span></span></sup><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;"> avril</span></span></span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">Cher André Breton,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">Je ne sais pas si c’est la date – ce que l’imagerie lui accorde – qui m’incite à vous écrire ce soir, à vous parler de cette âme sentinelle toujours au créneau – au créneau depuis toujours – et dont la chanson nocturne monte et flambe avec les feux de la Saint Jean, quand c’est la saison – flambe solitaire aux yeux de quelle veilleuse ? Comme un feu de bivouac en attendant le jour. Je songe aux lumières de la ville. Ne s’agit-il pas pour moi d’aller au fond du coma retrouver la raison de mon esprit, puisque l’on veut me guérir d’un mal dont la lumière pourtant rédemptrice m’a déchiré.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">(</span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;"><em>trois lignes biffées</em></span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">)</span></span></span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">Je ne suis plus enfermé dans cette cellule atroce avec la seule perspective de voir le ciel changer les formes du désir sur une prison de fous – mon horizon antérieur, entre ces murs que les assassins ont couvert de graffitis.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">De ma chambre, le front à la vitre, je peux voir des lumières dans la campagne, des visages gris comme la lumière des mes journées – tristes et belles.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">Le front à cette vitre qui est le pare-brise de la voyance semblable au journal de l’homme de la rue – je songe devant le mythe, comme avant l’assaut, comme en attendant l’émeute qui libérera la conscience humaine dans le no mans’ land de l’aube, on chante.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">Un article fortuitement trouvé dans un magazine m’a rappelé les ouvrages d’Abelio</span></span><sup><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdendnote1sym"><sup>i</sup></a></span></span></sup><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;"> (</span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;"><em>sic</em></span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">) – une situation semblable chez un homme que l’action politique, la violence où l’on affranchi </span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;"><em>(sic)</em></span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;"> la condition humaine des servitudes où elle s’est connu </span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;"><em>(sic)</em></span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">, un homme dis-je qui  ne pense plus qu’à extraire le chiffre du salut de l’Apocalypse dans l’esprit d’un prophétisme nouveau, au bord du mythe où militent les voleurs de combat que la révolution surréaliste nous a amené </span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;"><em>(sic) </em></span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">à connaître.</span></span></span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">Tout cela en attendant – en attendant d’être libre – alors que l’on va me soigner puisque la détresse et le chagrin n’ont eu raison de moi.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">Votre ami</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">Stan Rodanski</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">P-S.    Je pense à ma précédente lettre, je pense à des chiffres et à des lettres. Sans doute fallait-il qu’au point gamma de l’univers alla (</span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;"><em>sic</em></span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">) se fixer d’un jet la lance d’Arès le meurtrier, qu’un geste l’écarta (</span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;"><em>sic</em></span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">) de nous, qu’une épée nous mit (</span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;"><em>sic</em></span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">) en garde. N’est-ce pas le sens de la parole, que de briser le trait qui nous tue, de le vaincre et de faire du moment un séjour intégral.</span></span></span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">Ne pourriez-vous me faire parvenir les ouvrages d’Abelio, vos poèmes et les livres annoncés par Hérold ?</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">Étant obligé de différer de qq jours l’envoi de cette lettre, j’en profite pour y adjoindre un supplément illustré par la mémoire de Salvador Dali, les délices de son maître, comme dirait André Gide.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;"><em>Suit alors un texte d’inspiration bouffonne</em></span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">, </span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;"><em>que Rodanski qualifie d’</em></span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">Extrait de la « Coprolalie pontificale pour l’année sainte ».</span></span></span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">Quelques suggestions de lecture :</span></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">Stanislas Rodanski, </span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;"><em>Écrits</em></span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">, Christian Bourgois éditeur, Paris, 1999 ; </span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;"><em>Journal 1944-1948</em></span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">, Éditions Deleatur, Angers, 1991 ; </span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;"><em>La nostalgie sexuelle</em></span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">, L’arachnoïde, Saint-Gély du Fesc, 2005 ; </span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;"><em>Requiem for me</em></span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">, Éditions des Cendres, 2009.</span></span></span></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">Alain Jouffroy, </span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;"><em>Stanislas Rodanski une folie volontaire</em></span></span><span style="font-family: Garamond,Times,serif;"><span style="font-size: medium;">, Jean-Michel Place/poésie, Paris, 2002.</span></span></span></span></p>
<div>
<p><a href="#sdendnote1anc">i</a> Raymond Abellio (1907-1986), qui n’a jamais appartenu au groupe 	surréaliste, en  était néanmoins proche depuis 1932 et partageait 	certains aspects de la pensée de Breton, auquel il exprimera 	publiquement sa sympathie dans une interview de 1952 ; il a 	publié à la date de 1950 deux romans d’inspiration métaphysique 	et un essai intitulé <em>Vers un nouveau prophétisme</em>. Son œuvre 	développe une inspiration gnostique ; le titre des entretiens 	publiés après sa mort, <em>De la politique à la gnose</em>, qui 	résume d’une certaine façon son existence, permet de comprendre 	le texte de Rodanski, qui demeure néanmoins obscur en raison de son 	incertitude syntaxique.</p>
</div>
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		<title>La nouvelle saison 12/13 de l&#8217;Auditorium</title>
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		<pubDate>Tue, 01 May 2012 15:38:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LHernandez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Classique]]></category>
		<category><![CDATA[Auditorium]]></category>
		<category><![CDATA[Leonard Slatkin]]></category>
		<category><![CDATA[Orchestre]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;est ce qu&#8217;on appelle la liquidation avant travaux. Georges Képénékian, adjoint à la Culture, a eu beau vanté la « continuité » de l&#8217;action de Laurent Langlois, directeur général de l&#8217;Auditorium remercié après trois ans on ne peut plus chaotiques, la nouvelle saison de l&#8217;Auditorium ressemble à un véritable désaveu. Fini les festivals gadgets qui dure des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/05/Slatkin-DSO-Site.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1040" title="Slatkin DSO Site" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/05/Slatkin-DSO-Site.jpg" alt="" width="592" height="395" /></a>C&#8217;est ce qu&#8217;on appelle la liquidation avant travaux. Georges Képénékian, adjoint à la Culture, a eu beau vanté la « continuité » de l&#8217;action de Laurent Langlois, directeur général de l&#8217;Auditorium remercié après trois ans on ne peut plus chaotiques, la nouvelle saison de l&#8217;Auditorium ressemble à un véritable désaveu. Fini les festivals gadgets qui dure des plombes et ont surtout plombé les recettes (« French Kiss ») et fini les concerts supplémentaires le dimanche qui n&#8217;aboutissaient qu&#8217;à répartir un peu plus faiblement le taux de remplissage de chaque concert. Bref, fini tout ce qu&#8217;avait mis en place contre vents et marées Laurent Langlois qui restera le plus mauvais directeur qu&#8217;ait connu l&#8217;Auditorium. Ce qu&#8217;a signifié de façon lapidaire Leonard Slatkin, le nouveau directeur musical, lors de la conférence de presse, sans avoir un mot pour M. Langlois : « <em>On arrête les festivals qui ne marchent pas et les programmes concepts. On veut simplement faire de la bonne musique, par de bons musiciens, de façon accessible.</em> » Chic alors.</p>
<p><strong>Le grand piano sur le bout des doigts</strong></p>
<p>Cette nouvelle saison résonne donc comme une victoire des musiciens de l&#8217;orchestre, dont Leonard Slatkin a pris soin de rappeler qu&#8217;ils ont été associés à la programmation, n&#8217;en déplaise à la mairie, qui leur a toujours été mystérieusement hostile. Résultat : une saison alléchante, limpide, qui marque un retour aux grands classiques où Slatkin excelle, sa Symphonie fantastique de Berlioz ou la Pathétique de Tchaïkovski ayant déjà donné lieu à des concerts magnifiques cette saison. Au menu donc, les requiems de Berlioz ou Dvorak, les grandes symphonies du répertoire (Brahms, Mahler) et une série impressionnante de grands concertos pour piano (Beethoven, Brahms encore, Rachmaninov ou Bartok). La liste des solistes fait déjà saliver : Pierre-Laurent Aimard, Radu Lupu, Jean-Yves Thibaudet, Hélène Grimaud ou le jeune et néanmoins très talentueux Martin Helmchen. Côté chefs invités, on retrouve les habitués Ton Koopman ou Sir Neville Marriner auxquels s&#8217;ajoute Vladimir Jurowski venant diriger son Philharmonique londonien. En pleine forme, l&#8217;association des Grands Interprètes complète ce programme de haute volée : Philharmonique de Saint-Pétersbourg, rarissime à Lyon, Jorge Luis Prats venant jouer Chopin, Hilary Hahn et les deux plus grands pianistes du monde : Grigori Sokolov et Arcadi Volodos.</p>
<p><strong>Liquidation avant travaux</strong></p>
<p>De quoi patienter les oreilles grands ouvertes en attendant que la mairie trouve enfin un successeur à Laurent Langlois, la procédure de recrutement venant d&#8217;être relancée. Après avoir refusé deux grosses pointures pour des raisons incompréhensibles (Philippe Fanjeas, directeur de l&#8217;association des orchestres de France, qui semblait faire l&#8217;unanimité, et Christopher Bayton, ancien directeur des programmes de Radio Classique), il ne faudrait pas que la mairie renouvelle l&#8217;erreur commise à l&#8217;époque de Monsieur Langlois, à savoir nommer un directeur davantage pour des raisons bassement politiciennes que pour ses compétences personnelles&#8230; En attendant, l&#8217;Auditorium sera fermé pour travaux d&#8217;aménagement, notamment en ce qui concerne les ascenseurs et l&#8217;accès handicapé, d&#8217;avril à octobre 2013. Les concerts se dérouleront à cette période à la Bourse du travail.</p>
<p>L.H.</p>
<p>Les abonnements sont d&#8217;ores et déjà ouverts.</p>
<p>Les places à l&#8217;unité seront en vente le lundi 11 juin.</p>
<p><a href="http://Www.auditoriumlyon.com/">www.auditoriumlyon.com</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Triste comme du Beaupain</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Apr 2012 12:46:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LHernandez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Alex Beaupain]]></category>
		<category><![CDATA[Changez d'air]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Festivals]]></category>
		<category><![CDATA[Julien Clerc]]></category>

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		<description><![CDATA[Si la mélancolie c&#8217;est le bonheur d&#8217;être triste, s&#8217;il y en a un qui doit être sacrément heureux, c&#8217;est bien Alex Beaupain. Avec son air de ne pas y toucher, il est curieux, Alex. Dans ses chansons, il est tout le temps amoureux, et pourtant il ne va jamais bien. Quand il est avec un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/04/Alex-Beaupain-1-c-Antoine-Le-Grand.jpg"><img class="size-full wp-image-1036 alignnone" title="Alex Beaupain 1 (c) Antoine Le Grand" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/04/Alex-Beaupain-1-c-Antoine-Le-Grand.jpg" alt="" width="583" height="419" /></a></p>
<div>Si la mélancolie c&#8217;est le bonheur d&#8217;être triste, s&#8217;il y en a un qui doit être sacrément heureux, c&#8217;est bien Alex Beaupain. Avec son air de ne pas y toucher, il est curieux, Alex. Dans ses chansons, il est tout le temps amoureux, et pourtant il ne va jamais bien. Quand il est avec un fille, il pense à être un garçon, et vice-versa. Et visiblement le meilleur moment pour lui dans une histoire d&#8217;amour, c&#8217;est quand elle est finie, qu&#8217;il puisse enfin en faire une chanson.</div>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">À</span> force, avec sa voix mal réveillée et ses paroles qui captent l&#8217;air du temps comme Souchon de son vivant, il est un peu devenu notre dépressif préféré. D&#8217;autant que contrairement à Camélia Jordana, on peut l&#8217;écouter sans être obligé de vivre avec lui. C&#8217;est l&#8217;avantage.</p>
<p><strong>Mélancolie jouissive</strong></p>
<p>Ouvrir un album avec « <em>les plantes mortes, la crasse dans le salon, les corbeaux au balcon </em>», il faut oser ! Mais si on est si bien chez Alex Beaupain, c&#8217;est d&#8217;abord parce que sa complaisance ne manque pas d&#8217;auto-dérision. Ensuite parce qu&#8217;il a mis au point un paradoxal système. Sous ses dehors de chanteur triste, il utilise des rimes riches qui cognent et un langage des plus percutants dont le phrasé aurait davantage à voir avec le rock qu&#8217;avec la traditionnelle chanson à texte. Il a d&#8217;ailleurs signé une des plus belles chansons sur la dernier album de Julien Clerc, <em>La Nuit, c&#8217;est tous les jours</em>,  apportant du nerf et sa nouvelle façon de faire sonner la langue française dans l&#8217;univers du grand Juju. Enfin, s&#8217;il signe avec <em>Pourquoi battait mon cœur</em> de très loin son plus bel album, c&#8217;est parce qu&#8217;il compense sa pose dépressive par un foisonnement d&#8217;arrangements qui finirait par créer une sorte de mélancolie jouissive. Du saxophone suave très années 80 de « Tout sauf de toi » aux violons étouffés de « Je réponds toi » en passant par le tempo musclé de « Au départ » pour saluer la génération Mitterrand des années 80, il invente des sortes de balade pop à la française, finalement assez pudiques. Splendide variation autour du doute amoureux, <em>Pourquoi battait mon cœur</em> ne raconte pratiquement rien mais capte en une tournure de phrase la peur, les regrets ou la désillusion qui font le prix d&#8217;un amour passé. Du grand art pour celui qui est définitivement un des plus grands mélodistes de la chanson, et qui en décrivant une certaine précarité contemporaine, reste indéfectiblement fleur bleue, à condition qu&#8217;elle soit fanée.</p>
<p>Julien Desmartin</p>
<p>Alex Beaupain au Festival Changez d&#8217;air à Saint-Genis les Ollières. Samedi 5 mai à 20h30. Avec Fake Oddity et Frédéric Bobin. De 14 à 17 €. <span style="color: #000080;"><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://changezdair.blogspot.fr/">http://changezdair.blogspot.fr/</a></span></span></p>
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		<title>Les hommes sont des femmes comme les autres</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Apr 2012 15:19:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LHernandez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Classique]]></category>
		<category><![CDATA[Croix-Rousse]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Lacornerie]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Paul Fouchécourt]]></category>
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		<description><![CDATA[Ce n&#8217;est pas tous les jours que vous entendrez un beau garçon viril chanter « Je suis bonne » à tue tête, en jupe et juché sur une cagette ! C&#8217;est un des nombreux plaisirs coupables que réserve Mesdames de la Halle, opérette rarissime d&#8217;Offenbach reconstituant avec malice le folklore du marché des Halles. À travers l&#8217;intrigue d&#8217;une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/04/Mesdames-de-la-Halle-2.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1031" title="Mesdames de la Halle 2" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/04/Mesdames-de-la-Halle-2.jpg" alt="" width="592" height="444" /></a>Ce n&#8217;est pas tous les jours que vous entendrez un beau garçon viril chanter « Je suis bonne » à tue tête, en jupe et juché sur une cagette ! C&#8217;est un des nombreux plaisirs coupables que réserve <em>Mesdames de la Halle, </em>opérette rarissime d&#8217;Offenbach reconstituant avec malice le folklore du marché des Halles. <span style="font-family: Times New Roman,serif;">À</span> travers l&#8217;intrigue d&#8217;une enfant trouvée, la bien nommée Ciboulette, qui va s&#8217;amouracher de Croûle-au-Pot, marmiton de son état, Offenbach s&#8217;amuse à caricaturer la société et les mœurs de son époque. Le travestissement a toujours été un grand classique de l&#8217;opérette. Ici, le compositeur s&#8217;en donne à coeur joie. Les trois marâtres qui se disputent la maternité de Ciboulette sont jouées par des hommes, tandis que l&#8217;amoureux marmiton sera chanté&#8230; par une femme !</p>
<p><strong>Homme-femme mode d&#8217;emploi</strong></p>
<p>Renversement des rôles, comédie sociale, vocabulaire gouailleur et fleuri entre Madame Beurrefondu et Madame Poiretapée, si le chant ne nécessite pas de se prendre pour Maria Callas, la comédie travestie, elle, n&#8217;est pas forcément chose aisée. Heureusement, pour diriger les jeunes chanteurs du studio de l&#8217;Opéra de Lyon, il y a Jean-Paul Fouchécourt, grand spécialiste de la mélodie française. « <em>Les rôles travestis ne sont jamais très évidents à jouer</em>, explique-t-il. <em>On peut rapidement tomber dans la caricature de la « fofolle ». Il faut s&#8217;amuser mais pas non plus en faire trop. L&#8217;important, c&#8217;est que le personnage reste crédible</em>. » Il intervient très peu sur le chant pendant les répétitions. En revanche, il n&#8217;a de cesse de diriger ses chanteurs. « <em>Je ne veux pas être un professeur de chant. Je veux être un guide pour qu&#8217;ils trouvent leur propre voie. J&#8217;essaie de leur apprendre ce que j&#8217;ai vu chez les grands chanteurs que j&#8217;ai côtoyés, c&#8217;est-à-dire avant tout savoir s&#8217;approprier l&#8217;espace. Chez Offenbach particulièrement, il vaut mieux être un acteur qui chante plutôt qu&#8217;un chanteur qui joue</em>. »</p>
<p><strong>Viens sur ma cagette</strong></p>
<p><a href="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/04/Mesdames-de-la-Halle-Salut.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1032" title="Mesdames de la Halle Salut" src="http://www.exitmag.fr/wp-content/uploads/2012/04/Mesdames-de-la-Halle-Salut.jpg" alt="" width="592" height="444" /></a>L&#8217;espace imaginé par Jean Lacornerie, ce n&#8217;est ni plus ni moins qu&#8217;un gigantesque marché gare rempli de cagettes. Même les pupitres de l&#8217;orchestre sont d&#8217;un même bois pour s&#8217;intégrer au décor ! Au plateau s&#8217;ajoute de temps à autre des jeux d&#8217;ombre chinoise ou des témoignages vidéo de  mamies évoquant leurs marchés d&#8217;antan. Pour Jean-Paul Fouchécourt, cette caricature à la sauce Offenbach, « <em>c&#8217;est un peu les Guignols de l&#8217;info de l&#8217;époque</em> ». Mais la musique n&#8217;en est pas moins belle. Lui qui a fait partie de la production mythique de Pelly pour <em>Orphée aux Enfers</em> à l&#8217;Opéra de Lyon a été vraiment ébloui par la partition. « <em>Il y a un duo entre Ciboulette et son amant qui est un véritable délice. C&#8217;est vraiment de la grande musique</em>, ajoute-t-il. <em>On a trop souvent tendance à jouer Offenbach par-dessus la jambe. C&#8217;est très important aussi qu&#8217;on puisse faire entendre cette délicatesse au niveau de l&#8217;orchestre</em>. » La comédie, ça reste un art, même en musique.</p>
<p>L.H.</p>
<p>Lire l&#8217;entretien intégral avec Jean-Paul Fouchécourt dans Exit n°10.</p>
<p><em>Mesdames de la Halle</em> de Jacques Offenbach par les nouveaux chanteurs du Studio de l&#8217;Opéra de Lyon et l&#8217;orchestre du CNSMD dirigés par Jean-Paul Fouchécourt. Mise en scène Jean Lacornerie. Du 2 au 15 mai 2012 au Théâtre de la Croix-Rousse. De 10 à 30 €. 04 72 07 49 49. <span style="color: #000080;"><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.croix-rousse.com/">www.croix-rousse.com</a></span></span></p>
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